Fillon veut imposer aux banques de se doter de fonds propres

FINANCES Objectif: les obliger à mieux faire face aux risques qu'elles prennent...

S. C. avec agence

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François Fillon lors d'une conférence de presse à Moroni, aux Comores, samedi 11 juillet 2009.
François Fillon lors d'une conférence de presse à Moroni, aux Comores, samedi 11 juillet 2009. — AFP / Tony Karumba

François Fillon s'est dit samedi favorable au fait d'«imposer» aux banques de se doter de fonds propres pour faire face aux risques qu'elles prennent, lors d'un discours devant des représentants du Crédit agricole à Angers.

«Les fonds propres, c'est l'auto-assurance que les banques souscrivent pour faire face aux difficultés», a déclaré le Premier ministre, qui s'exprimait lors de l'inauguration d'un nouveau siège régional de la banque.

Crise

«J'ai entendu dire récemment qu'il fallait faire payer aux banques l'assurance que l'Etat leur procure en cas de crise, en les préservant de la faillite. Je préfère d'abord que l'on impose aux banques de se doter de fonds propres qui leur permettent de faire face à elles seules aux risques qu'elles prennent», a-t-il poursuivi.

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«Cela ne veut évidemment pas dire que l'Etat s'abstiendra d'intervenir en cas de crise grave, a tempéré François Fillon. Mais à mon sens, une intervention de l'Etat ne doit avoir lieu qu'une fois que les actionnaires ont assumé les conséquences des erreurs de la banque qu'ils contrôlent.»

Bonus

Le Premier ministre a également mis en parallèle les bonus payés aux traders ou dirigeants des banques et les dividendes versés aux actionnaires, pour appeler à plus de modération en la matière.

«Pas plus que les opérateurs de marché, les actionnaires des banques ne doivent profiter indûment des bons résultats actuels - dont je rappelle qu'une partie n'est que conjoncturelle, étant liée au niveau très faible des taux d'intérêt», a dit le Premier ministre.

Il a déclaré s'être récemment entretenu du sujet avec le gouverneur de la Banque de France Christian Noyer, qui lui a assuré qu'il serait «très attentif à la politique de versement de dividendes par les banques cette année».

L'Etat empoche 1,4 milliard

Les banques «dégagent à nouveau des bénéfices, qui sont solides, et qui leur permettent de sortir des dispositifs publics de soutien: l'Etat peut donc se voir rétrocéder l'argent qu'il a investi dans le secteur bancaire», a-t-il dit.

Sur «les 19 milliards d'euros investis par l'Etat» concernant les «investissements en fonds propres», «13 seront remboursés d'ici à la fin de l'année», a détaillé le Premier ministre. «Au passage, l'Etat a engrangé des recettes substantielles: 1,4 milliard d'euros au seul titre de l'année 2009, auxquels s'ajouteront ensuite 713 millions issus de la remontée des dividendes versés à la Société de Prise de Participation de l'Etat (SPPE) par les banques qui ont sollicité cet instrument», a-t-il conclu. Une belle opération.