« Le problème reste la dérégulation du marché »

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Les écarts entre les prix en rayon et à la production ont-ils réellement augmenté ?

Il est vrai que depuis 2007, il y a eu une volatilité énorme sur les marchés. Les prix ont flambé avant de s'écrouler. Or la chaîne de production, et notamment la grande distribution, a eu plus tendance à répercuter la hausse que la baisse. C'est une distorsion du marché assez répandue entre le producteur et le consommateur. On constate le même phénomène avec le pétrole.

Les mesures annoncées par le Président vont-elles rétablir l'équilibre ?

Non, car créer des contrats au niveau local entre le producteur et son client, comme le suggère le Président, n'aura qu'un impact marginal. Le problème de fond reste entier, à savoir la dérégulation du marché qui a rendu les cours volatils. Depuis 2000, l'Union européenne a supprimé année après année les outils de stabilisation (prix garantis,...) qu'elle avait mis en place pour protéger les agriculteurs des fluctuations des prix mondiaux. Les crises, on n'a pas fini d'en voir.

La France peut-elle imposer un changement ?

Il est clair que tout seul, le Président ne fera rien. Il faut la volonté politique de plusieurs pays. Nicolas Sarkozy essaie d'être une force de proposition, mais ses idées doivent ensuite être validées par le reste du monde, ou au moins par l'Union européenne. Ce n'est pas une tâche facile. W

Recueilli par Angeline Benoit