Bercy maintient son cadeau aux entreprises

Angeline Benoit

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Les patrons ont gagné la bataille de la taxe professionnelle. Selon un sondage commandé par le ministère de l'Economie cette semaine et publié aujourd'hui par 20 Minutes, les chefs d'entreprise sont favorables à 70 % à cette réforme (voir l'infographie). Le texte, qui doit encore passer au Sénat, remplace la taxe professionnelle par un nouvel impôt, la cotisation économique territoriale (CET), qui divise la facture par trois. Une économie de 5,8 milliards d'euros, que Bercy a eu du mal à faire avaler aux députés, hier.

La réforme - imposée par l'Elysée au nom de la « compétitivité » de la France - bouleverse les élus locaux de gauche comme de droite. Payée aux régions, départements et communes, la taxe professionnelle est inférieure à 2 % des charges, pour 90 % des entreprises. Mais elle est essentielle au financement de dépenses (transports, logement, aide sociale, eau, etc.) utiles aux habitants comme aux entreprises. Les députés UMP ont donc tenté en vain de raboter sa diminution. Mais ils n'ont obtenu qu'une maigre concession : les collectivités locales pourront prélever elles-mêmes une partie de la CET... et l'augmenter. Les élus récupèrent ainsi un minimum d'indépendance financière par rapport à l'Etat. Quant au manque à gagner pour les collectivités de 5,8 milliards d'euros, il sera pris en charge par l'Etat. A cet égard, les ménages ont raison d'être perplexes (39 % d'indécis). Ils y verront sans doute plus clair ces prochains mois, quand « l'actualisation des valeurs locatives » annoncée par l'Elysée se traduira par une hausse bien concrète des taxes foncière et d'habitation. Et quand les collectivités locales prendront Bercy au mot, et « modéreront » leurs dépenses. W