Débat à haut risque sur les finances publiques

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Le gouvernement a commencé, hier, à défendre son projet de budget 2010 face à des députés, remontés à gauche comme à droite, avec, en toile de fond, un déficit record. Bouclier fiscal, taxe carbone, taxe professionnelle (lire page 8), niches fiscales... la grogne gagne les rangs de l'UMP. Deux députés de la majorité ont demandé une révision du bouclier fiscal, la mesure emblématique du quinquennat de Nicolas Sarkozy, qui plafonne les impôts à 50 % du revenu d'un contribuable. Marie-Anne Montchamp et Jean-Luc Warsmann demandent de ne plus y inclure la contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS), qui sert à renflouer la Sécu. Ils ont le soutien du Nouveau Centre et de la gauche, opposée depuis toujours aux mesures du « paquet fiscal ». L'UMP est aussi divisée sur l'amendement du président de la commission des Finances, Didier Migaud (PS), qui prévoit une taxe additionnelle de 10 % sur les banques. Au total, 582 amendements ont été déposés, dont 216 proviennent de l'UMP et 139 du Nouveau Centre. Le PS en a déposé 155 et le groupe GDR (PCF-Verts-PG) 73. Une inflation de textes qui marque la détermination des députés, de la majorité comme de l'opposition, d'infléchir plusieurs dispositions fondamentales du budget. W

A. B.