Gandrange ou le symbole d'un ratage

SOCIAL Retour sur les promesses de Nicolas Sarkozy et la fermeture, malgré tout, de l'aciérie...

C. F. avec agence

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Le groupe sidérurgique ArcelorMittal a affirmé mardi avoir trouvé "une solution" pour 454 salariés de l'usine de Gandrange (Moselle), soit près de 80% des personnes touchées par les suppressions d'emploi décidées par le groupe en 2008.
Le groupe sidérurgique ArcelorMittal a affirmé mardi avoir trouvé "une solution" pour 454 salariés de l'usine de Gandrange (Moselle), soit près de 80% des personnes touchées par les suppressions d'emploi décidées par le groupe en 2008. — Jean-Christophe Verhaegen AFP/Archives

Gandrange apparaît comme l'un des échecs de la présidence Sarkozy. Le chef de l'Etat avait promis qu'il trouverait une solution. L'aciérie mosellane a malgré tout fermé ses portes et le reclassement des salariés est toujours en cours. Retour sur le déroulé des évènements.
 
Le 16 janvier 2008, ArcelorMittal annonce la suppression en 2009 de 595 emplois sur 1.108 à l'aciérie de Gandrange et s'engage à reclasser chacun dans ses unités de Florange (Moselle) et au Luxembourg.
 
Nicolas Sarkozy s'empare alors du dossier. Le 28 janvier, il rencontre Lakshmi Mittal qui accepte de geler jusqu'au début avril les restructurations afin d'étudier les propositions des syndicats.
 
Le 4 février, le chef de l'Etat se rend à Gandrange et assure que l'Etat est «prêt à prendre en charge tout ou partie des investissements nécessaires» pour maintenir l'activité. Il déclare aux ouvriers: «Je reviendrai moi-même (...) pour annoncer la solution qu’on aura trouvée».
 
Un an plus tard, Nicolas Sarkozy conteste à la télévision ne pas avoir tenu ses promesses: «Le site n'est pas fermé» et trois engagements ont été tenus, rappelle-t-il: injection de 30 millions, école de formation et engagement de Mittal de donner «10 millions d'euros de sa poche» pour revitaliser le site. Le Président dit qu'il va «(se) battre» pour que la future usine de stockage de CO2 soit à Gandrange plutôt qu'en Allemagne.
 
Malgré tout, le 31 mars 2009, l'aciérie ferme définitivement ses portes et 571 emplois sont supprimés.
 
Le 1er avril, Luc Chatel, alors secrétaire d'Etat chargé de l'Industrie et de la Consommation, martèle que les engagements de Sarkozy ont été tenus et qu'il n'y a pas de licenciements, les salariés recevant des propositions de reclassement.
 
Quelques mois plus tard, le 8 octobre, Nicolas Sarkozy se rend en Moselle pour parler carte militaire mais ne va pas à Gandrange, provoquant la colère des salariés d'ArcelorMittal. Une semaine après, il organise finalement une visite surprise. Il annonce des investissements et des créations d'emploi en Moselle ainsi que l'arrivée d'un nouveau régiment à Metz. Rien de très concret, en revanche, pour les salariés d'Arcelor toujours en attente de reclassement.