Sarkozy en visite surprise à Gandrange

SOCIAL Le chef de l'Etat se rend ce jeudi en Moselle...

Oriane Raffin

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Nicolas Sarkozy à Gandrange, jeudi 15 octobre.
Nicolas Sarkozy à Gandrange, jeudi 15 octobre. — AFP PHOTO / JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN

Il avait promis de s'y rendre avant les régionales. Nicolas Sarkozy s'est rendu finalement ce jeudi à 15h Gandrange pour rencontrer les syndicats d'Arcelor-Mittal et les élus, a indiqué l'Elysée.

Pourquoi à la dernière minute?
La visite surprise ne figurait pas à l'agenda
du président de la République. Contactée par 20minutes.fr, la présidence explique: «La réunion au sujet de l'aciérie avec le préfet était déjà prévue, la présence du Président s'est décidée ce matin.» Selon l'Elysée, il y a aurait eu des avancées dans les négociations. «C'est pour ça qu'il a décidé d'y aller». La députée PS de Moselle Aurélie Filippetti a raconté comment elle avait appris la présence de Nicolas Sarkozy à la réunion: «On était au début d'une réunion technique de préfiguration pour ArcelorMittal. Au début de la réunion, le préfet nous dit: "on attendait le conseiller du président de la République (mais) le président avait un trou dans son agenda. Il va venir dans un quart d'heure"». Selon la députée, il s'agit d'une «astuce politique», «pour se sortir d'une situation dont il a compris la semaine dernière qu'elle nuisait gravement à sa crédibilité politique.»

«On a été prévenu à la dernière minute, confirme Didier Zint, délégué CFDT, le président nous a expliqué qu'il s'impliquait personnellement dans le dossier. Il voulait nous montrer qu'il tenait ses engagements.»

Comment s'organise-t-on sur place?

La mairie a semble-t-il été informée tardivement.
«C'est l'émeute! On l'a appris il y a cinq minutes», s'amuse une employée de la mairie de Gandrange, vers 15 heures. «Tout le monde s'active pour organiser sa venue. On organise le service d'ordre. Tout le monde l'attend.» Derrière la voix de l'employée, c'est le brouhaha, les téléphones sonnent, c'est la pleine effervescence.

«Le maire avait prévu une salle pour une vingtaine de personne, la salle du conseil, s'amuse Didier Zint, finalement, on était une trentaine. C'était un peu surréaliste! Le maire de Gandrange est instituteur: il avait trouvé un remplaçant pour une heure pour garder ses élèves, le temps de la réunion, mais là, comme il a été prévenu au dernier moment, il a dû trouver une solution au pied levé!».

Pour les journalistes, c'est pas mieux. Prévenus à la dernière minute, les correspondants locaux ont du mal à être à l'heure. Sur Twitter, un journaliste de RTL raconte son trajet en évitant les radars, pour arriver à Gandrange à l'heure... Quant à la visite à Metz, les journalistes ont fait la course. Résultat en photo: premier France 3, deuxième, L'Est Républicain, troisième, Le Républicain Lorrain.

C'est quoi le reste du programme?
Après Gandrange, direction Metz. Contactée par 20minutes.fr, la mairie confirme attendre le président de la République pour 16h45. Avant, il devrait se rendre au Centre Georges Pompidou de la ville.
Selon un journaliste de France 3 sur Twitter, il se serait rendu à une réunion sur la plateforme multimodale: ports de Metz, Illange, Nancy.

Qu'a-t-il annoncé?
Des investissements à hauteur de 20,5 millions d'euros et la création d'une centaine d'emplois en Moselle, selon des élus socialistes invités à la réunion, et qui ont communiqué avec la presse par textos...
Selon la même source, sur les 20,5 millions d'euros d'investissements annoncés, 16 millions d'euros seraient consacrés à la fabrication de portes coupe-feu, avec 66 créations d'emplois, à Yutz, et à la création d'ici 2010 d'un atelier de coupe et de cintrage (33 emplois), et 4,5 millions d'euros seraient investis sur le train à billettes.

Autre information: le président a annoncé la signature d'un contrat de 300 millions d'euros entre les Réseau Ferrés Français et le sidérurgiste anglo-néerlandais Corus, dont l'usine se situe à Hayange, en Lorraine. Selon RFF, contacté par 20minutes.fr, ce contrat aurait été décidé mercredi, en conseil d'administration. Pour Edouard Martin, délégué CFT, «C'est une très bonne nouvelle pour les copains de Corus», mais même si cela concerne la sidérurgie lorraine, cela ne concerne pas directement Gandrange et ArcelorMittal.

Un nouveau régiment à Metz?
En partant de la mairie de Gandrange à bord d'une voiture, le président de la République a annoncé qu'il partait pour Metz, pour annoncer notamment l'arrivée d'un nouveau régiment, dans cette ville qui en perd de nombreux dans la nouvelle carte miliaire.

Qu'en pensent les syndicats?
Pour Edouard Martin, délégué syndical CFDT, contacté par 20minutes.fr, la venue de Nicolas Sarkozy, par surprise, «sur la forme, c'est plus que discutable, c'est même minable». Le syndicaliste aurait aimé pouvoir oganiser un «débat». «Ça aurait pu se préparer, on aurait pu en débattre».

Pourquoi pas la semaine dernière?
Le récent déplacement de Nicolas Sarkozy en Moselle, début octobre, avait créé la polémique, le chef de l'Etat n'ayant pas prévu de rendre visite aux ouvriers de Gandrange, alors qu'il leur avait promis le 4 février 2008 qu'il reviendrait les voir. «On avait fait une table ronde, il n'a même pas daigné nous répondre», se plaint Edouard Martin, délégué CFDT. «Il craignait peut-être une réception beaucoup moins joviale... Une semaine après, il vient en catimini!», poursuit-il.