« Un seul choix : réduire les dépenses »

Recueilli par Angeline Benoit

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HALEY / SIPA

Le Premier ministre a refusé hier le report de la réforme de la taxe professionnelle (TP). Les élus locaux vont-ils s'incliner ?

C. Lebreton : Non, car il s'agit d'une atteinte aux libertés locales. Les élus vont se battre pour l'expliquer aux populations, mobiliser les maires à travers une pétition.

Que change la suppression partielle de la TP ?

Les entreprises vont payer six milliards d'euros d'impôt de moins. Mais cet argent était investi par les départements dans des routes, des collèges ou encore des maisons de retraite. On restreint nos capacités à financer des politiques locales alors que la TP n'empêche pas Airbus ou Toyota d'être compétitifs.

Combien y perdra votre département ?

En Côtes-d'Armor, la TP a rapporté 73 millions d'euros en 2009 pour un budget de 600 millions. L'an prochain, l'Etat compensera la réduction accordée aux entreprises mais sans revalorisation. Et en 2011, au lieu d'augmenter à 75 millions d'euros, l'impôt qui remplacera la TP ne rapportera que 69 millions. L'Etat ne remboursera que quatre millions.

Ce n'est pas énorme...

L'an dernier, j'ai pu augmenter la taxe professionnelle de 9 % pour boucler le budget, mais je n'ai plus cette possibilité. Avec la baisse des droits de mutation sur les ventes de logements, il me manque 50 millions d'euros pour 2010. Le département n'aura plus qu'un seul choix : réduire ses dépenses, alors qu'il est de plus en plus sollicité pour financer la solidarité (personnes dépendantes, RSA, prestations pour les handicapés, etc.). W