La SNCF face au train de la concurrence

Mickaël Bosredon

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Actuellement, les trains allemands qui arrivent en Gare de l'Est ne peuvent faire que des liaisons directes Allemagne-France.
Actuellement, les trains allemands qui arrivent en Gare de l'Est ne peuvent faire que des liaisons directes Allemagne-France. — H. VILLALOBOS / EPA / SIPA

L'ouverture du marché des lignes internationales à la concurrence arrive à grande vitesse. La SNCF vient de préciser sa stratégie alors que son monopole va être menacé pour la première fois sur les trains de voyageurs.

Que dit la loi ? A partir du 13 décembre, les trains des lignes internationales seront soumis à la concurrence en Europe. A ce jour, seule la compagnie italienne Trenitalia aurait déposé une demande de circulation de ses trains en France, avec possibilité de s'arrêter dans des gares françaises pour y prendre des voyageurs. L'ouverture à la concurrence des TER se fera, elle, dans un deuxième temps : cela passera d'abord par une loi d'expérimentation, sans doute à la fin 2010. Mais la plupart des contrats qui lient les régions - l'autorité organisatrice des transports régionaux depuis une dizaine d'années - et la SNCF courent jusqu'en 2012, et ne pourront pas être modifiés avant leur terme.

Toutes les régions sont-elles concernées ? Non. L'Ile-de-France ne sera soumise à la concurrence qu'à partir de 2039. La SNCF, ainsi que la RATP, ont argué d'un marché « spécifique » dans lequel « d'importants investissements ont été réalisés ».

Comment réagit la SNCF ? David Azema, directeur général délégué stratégie et finances à la SNCF, estime que la compagnie ne doit être présentée «ni en coupable, ni en victime». «Le risque est qu'on nous accuse d'abuser de notre position dominante. Nous avons donc isolé un certain nombre de fonctions, comme la direction des circulations, les gares et la plateforme de services. » C'est à ces services, désormais soumis à une autorité de régulation indépendante, que les nouveaux entrants s'adresseront pour obtenir un guichet commercial ou un atelier de maintenance dans une gare. A l'inverse, la SNCF affirme ne pas toujours être à armes égales avec ses concurrents. «Nous remplissons une mission d'aménagement du territoire avec certains TGV non rentables.» Si elle estime aussi que le régime spécial des retraites de son personnel est un désavantage, la SNCF espère néanmoins que l'ouverture à la concurrence permette de «regarder en face» ce dossier.