Garantir le statut de La Poste ne va pas de soi pour la gauche

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« Nous aimons La Poste et nous voulons préserver son statut de service public. » Plus de deux millions de Français ont dit non au changement de statut lors de la votation citoyenne dont les résultats ont été publiés hier. Interrogé par 20minutes.fr, le ministre de l'Industrie, Christian Estrosi, se défend de vouloir engager sa privatisation. « La Poste a besoin de nouveaux investissements pour faire face à l'ouverture à la concurrence le 1er janvier 2011, prévue par une directive européenne. La seule solution est d'en faire une société anonyme de statut public. « Faux », répond Didier Migaud, président (PS) de la commission des Finances de l'Assemblée : « L'UE n'imposait rien. Le statut actuel permet à l'Etat d'investir dans La Poste. »

Et quand le ministre affirme que l'argent apporté sera « 100 % public avec 1 milliard d'euros de l'Etat et 1,5 milliard d'euros de la Caisse des dépôts et des consignations », la gauche n'est pas plus convaincue. Selon Ramzi Hammadi, secrétaire fédéral du PS chargé des services publics, « la Caisse des dépôts n'a pas vocation à rester investisseur à long terme. Quand elle se retirera, des fonds privés prendront le relais. »

Pour les opposants au projet, garantir dans le texte de loi - ce que promet le gouvernement - que La Poste restera un service public n'engage à rien. Comme le rappelle SUD-PTT, « la loi de 2004 sur le changement de statut d'EDF-GDF garantissait que l'Etat détiendrait au minimum 70 % du capital de ces établissements. » Aujourd'hui, il ne possède plus que 35 % de GDF. Il a suffi d'un décret, publié au Journal officiel en décembre 2007, pour autoriser l'Etat à descendre au tiers du capital du gazier. W

Charlotte Mannevy