Grégoire Jovicic, plaignant dans l'affaire Vivendi: «C'est un système de voyous»

INTERVIEW Cet ingénieur-conseil fait partie des milliers de petits porteurs français qui attaquent Vivendi Universal et Jean-Marie Messier en justice...

Propos recueillis par Corentin Chauvel

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Comment avez-vous rejoint  l’action contre Vivendi Universal?
J’ai su un peu par hasard en 2007 que l'avocat Frédérik-Karel Canoy avait organisé un collectif réunissant de 450 à 500 victimes du préjudice. Je me suis joint à eux pour obtenir réparation. C’est Maître Canoy qui se rendra au procès à New York en notre nom.
 
Qu’attendez-vous de ce procès?
Simplement d’être remboursé. J’avais acheté 1.000 actions à 140 euros à l’époque, j’ai tout perdu et je me suis retrouvé en grande difficulté financière. Mais je suis optimiste car il y a déjà eu un précédent en France avec l’affaire Gaudriot. Cette société avait menti sur ses communications financières. Quand elle a déposé son bilan, elle a été condamnée par la justice à indemniser les petits porteurs. De plus, si Jean-Marie Messier est renvoyé en correctionnelle dans l’affaire des malversations, cela nous donnera plus de crédibilité juridique.
 
Continuez-vous d’investir en bourse?
Non, cette affaire m’a sérieusement refroidi, je ne fais plus confiance au marché. On vit dans un pays où il y a de plus en plus de gens malhonnêtes et il faut vraiment se battre pour les faire condamner. L’image que se donnent les grands groupes est vraiment différente de la réalité. Mais j’en veux également aux intermédiaires financiers qui m’ont recommandé d’acheter ces actions à l’époque et qui auraient dû détecter les anomalies. Je pense qu’ils ont eux aussi leur part de responsabilité.