Bosser le dimanche? OK, mais payé double!

SOCIAL Une enquête réalisée pour «20 Minutes» et France Info montre de nombreuses réticences...

Delphine Bancaud

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Bien que votée en août, la loi sur l'extension du travail dominical continue de faire des remous. Résultant d'une promesse de campagne de Nicolas Sarkozy, elle va permettre à davantage de communes et de zones commerçantes de poursuivre leurs activités le dimanche. Critiquée par le Parti socialiste, qui l'avait qualifiée de «choix de société allant bien au-delà d'une décision juridique», cette mesure divise l'opinion publique, comme le montre un sondage réalisé par l'institut Obea-InfraForces pour 20 Minutes et France Info (lire infographie).

Une régression pour la majorité

Ainsi, 55 % des personnes interrogées estiment que le travail du dimanche n'est pas acceptable, contre 43 % qui pensent le contraire. Une divergence d'opinions qui s'explique notamment par le fait que certaines travaillent déjà occasionnellement ou régulièrement le dimanche (près d'un tiers des personnes ayant un emploi), alors que d'autres le considèrent comme un jour sacré. Remettre en question cet acquis apparaît donc pour eux comme une régression sociale.

En revanche, les sondés sont beaucoup plus unanimes lorsqu'on les interroge sur les conditions dans lesquelles le travail dominical leur semble acceptable. Sans surprise, le paiement double apparaît comme une « carotte » qui inciterait les deux tiers d'entre eux à se lever le dimanche matin. Mais le sujet suscite aussi des inquiétudes: 42% des personnes interrogées pensent ainsi que les salariés ne seront pas libres de refuser de travailler ce jour-là.

Affaiblir le petit commerce

Quant à l'efficacité de cette mesure pour relancer l'économie, les Français semblent en douter: près de 62% d'entre eux pensent qu'elle ne créera pas d'emplois. Et, alors que le gouvernement misait sur l'ouverture dominicale de certains commerces pour doper la consommation, plus de la moitié des personnes interrogées (56%) déclarent ne pas avoir l'intention de fréquenter davantage les magasins ce jour-là. Autre ombre au tableau : 64% d'entre elles pensent même que cette loi contribuera à affaiblir le petit commerce. Des appréhensions que le gouvernement aura bien du mal à dissiper.