Didier Lombard sur la sellette

Angeline Benoit

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Le PDG de France Télécom, Didier Lombard, est poussé à la démission par ses salariés.
Le PDG de France Télécom, Didier Lombard, est poussé à la démission par ses salariés. — MEIGNEUX / SIPA

Les appels à la démission du PDG de France Télécom montaient de tous les côtés, hier, au lendemain du vingt-quatrième suicide en dix-huit mois. Après la mort d'un salarié de Haute-Savoie, qui s'est jeté d'un pont lundi, Didier Lombard n'a pas convaincu avec sa décision de suspendre la mobilité obligatoire tous les trois ans pour les cadres.

« La responsabilité d'un chef d'entreprise devrait passer par la démission », a affirmé Benoît Hamon, porte-parole du PS. Une demande appuyée par le chef de file des députés socialistes, Bruno Le Roux, pour qui « il faut un geste symbolique fort ». Les communistes, eux, ont rappelé l'Etat à sa responsabilité d'actionnaire, lui demandant de geler la restructuration et de déclencher une enquête parlementaire. Le malaise était visible jusqu'au sein de l'UMP. « Si ce qu'on nous dit sur France Télécom est exact, c'est fou ! Il appartient au PDG de prendre les mesures qui s'imposent », a déclaré le patron des députés UMP, Jean-François Copé, tout en précisant qu'il n'était « pas là pour décréter les têtes qui doivent tomber ».

En interne aussi, l'exaspération était palpable. Des centaines de salariés ont cessé le travail à Bordeaux, Lyon, Grenoble et Annecy-le-Vieux (Haute-Savoie), où travaillait le dernier salarié qui s'est tué. « Les mesures annoncées ne sont pas suffisantes », a estimé Dominique Scheidecker, délégué syndical CGT. « La direction n'est plus respectée. Les salariés disent : "Time to Move" [Il est temps de bouger] en référence au système imposé aux cadres », a ajouté Sébastien Crozier (CFE-CGC). « Combien de suicides faut-il pour avoir un moratoire sur les restructurations ? », s'inquiétait de son côté la CFDT. W