La Poste: entre 21% et 40% de grévistes et des milliers de manifestants

SOCIAL Après les bureaux parisiens, une journée nationale d'actions a lieu de mardi...

Avec agence

— 

Olivier Besancenot manifeste avec des salariés de La Poste pour protéger contre le changement de statut de l'entreprise, le 22 septembre 2009, à Paris.
Olivier Besancenot manifeste avec des salariés de La Poste pour protéger contre le changement de statut de l'entreprise, le 22 septembre 2009, à Paris. — F. GUILLOT / AFP
L'appel à la grève illimitée des guichetiers parisiens - suivi par 17% à 40% des guichetiers lundi - se poursuit ce mardi par une journée nationale d'actions, soutenu par les partis de gauche, contre le projet de loi transformant la Poste en société par actions à capitaux publics. La manifestation a rassemblé 2.300 personnes, selon la police, à 4.000, selon une source syndicale.

>> Pour comprendre les raisons de la colère, cliquez ici

Le cortège a démarré vers 14h30 devant le siège de l'établissement public, boulevard de Vaugirard, à Paris (15e) et s'est rendu devant le Sénat (6e), aux cris de «Cheminots, postiers, usagers, contre les privatisations» ou encore «La privatisation, on n'en veut pas - La privatisation, elle passera pas».

L’appel à la grève était suivi dans la matinée par 21,15% du personnel selon la direction, tandis que Sud, FO et la CFTC évaluent la participation entre 35% et 40%. La Poste a précisé avoir «mis tout en oeuvre pour assurer l’accueil de ses clients et la continuité de service» et démenti les syndicats, selon qui elle comptabilise comme non-grévistes les salariés en congé.

Premiers cortèges dans la matinée

«La Poste va entrer en bourse, les postiers entrent dans la Bourse», a déclaré Olivier Besancenot, porte-parole du NPA, qui a pénétré dans le palais Brongniart, ancien siège de la Bourse, avec une cinquantaine de collègues postiers. Porteurs d'autocollants jaunes, avec le slogan «votre privatisation on en veut pas, par la grève avec les usagers combattons la privatisation!», ils ont tenu sur place une assemblée générale.

Les manifestations ont commencé dès la matinée en Province, avec 1000 personnes à Toulouse, 300 à Strasbourg, de 250 à 500 à Bordeaux, de 450 à 2.000 à Marseille, 450 à Rennes et plusieurs centaines à Grenoble (Isère), Roanne (Loire), Lille (Nord) et Nice (Alpes-Maritimes).

«Votation citoyenne»

Une «votation citoyenne» doit être organisée dans toute la France du 28 septembre au 3 octobre et postiers attendent un large soutien de la population. Les parti socialiste a écrit à tous ses élus pour leur demander d'en assurer l'organisation matérielle. Pour organiser le vote, sans valeur juridique, mais qui doit constituer un message envers le gouvernement et l'opinion, le comité national contre la privatisation de La Poste s'appuie en particulier sur les petites communes rurales, qu'il a répertorié sur une carte de France, sur son site appelpourlaposte.fr.

La ministre de l'Economie Christine Lagarde a cependant souligné ce mardi sur France Inter qu'il n'était «pas question de privatiser La Poste», en excluant que le projet d'ouverture du capital puisse faire l'objet d'un référendum organisé par l'Etat comme l'a réclamé ce mardi le groupe communiste au Sénat.