La grève du lait bouillonne

Christophe Joly

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Des agriculteurs ont déversé un lac de lait, hier, devant la Commission européenne.
Des agriculteurs ont déversé un lac de lait, hier, devant la Commission européenne. — G. GOBET / AFP

Ils sont plus déterminés que jamais. Outre la poursuite des épandages de milliers de litres de lait, les producteurs ont bloqué, hier, l'entrée de laiteries dans toute la France. Objectif : mesurer l'impact de leur grève, entamée il y a onze jours. Les camions étrangers sont sous surveillance, afin de s'assurer que les laiteries ne font pas appel à des importations pour compenser la baisse de la production française. Par ailleurs, à Bruxelles, des agriculteurs de la Confédération européenne des producteurs laitiers ont déversé un « lac de lait » devant la Commission européenne.

« Je suis content que le mouvement ne s'épuise pas, parce que nous avons dépassé le stade de l'urgence », explique Jean-Michel Burel, éleveur à Pouldreuzic (Finistère). Histoire de calmer le jeu, Bruno Le Maire, ministre de l'Agriculture, recevait hier les banques, les assurances et la Mutualité sociale agricole. Il leur a demandé un geste de « solidarité » afin de soulager la trésorerie des agriculteurs. « C'est bien, mais à force de faire du court terme, on se casse la figure », estime Jean-Michel Burel. Il ne sait pas s'il va « finir l'année », alors qu'il ne peut vendre qu'à 0,27 euros un litre de lait qui lui coûte 0,32 euros à produire, hors rémunération. Et de réclamer qu'« un prix juste soit fixé, pour gagner notre vie sur la base du smic horaire ». W