Molex passe à la moulinette, l'UMP fait des moulinets

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Le plan social prévoit 283 licenciements.
Le plan social prévoit 283 licenciements. — A. GELEBART / 20 MINUTES

C'est « la mort dans l'âme », « le pistolet sur la tempe », selon le leader cégétiste Bernard Thibault, que les élus du comité d'entreprise de Molex ont paraphé, hier à l'aube, un plan social synonyme de 283 licenciements. Un peu plus tôt, 65 % des salariés de l'usine de connectique automobile de Villemur (Haute-Garonne) avaient décidé d'en finir avec onze mois de lutte. Onze mois de bataille contre « la délocalisation boursière d'un site viable ». A traîner l'actionnaire américain devant tous les tribunaux pour « sauver l'emploi industriel ». Et sans jamais aborder le sujet des indemnités. « Je comprends tout à fait le vote. La pression. La fatigue. Et puis, on n'allait pas rester dans la famine », confiait hier Denis Parise, le secrétaire du comité d'entreprise, tout en avouant « un gros coup de blues ».

Une déprime pas vraiment contagieuse. Christian Estrosi, le ministre de l'Industrie, a salué un « dénouement positif », en insistant sur le projet de reprise partielle du fonds d'investissements américain HIG, qu'il a « parrainé ». Il promet que « soixante personnes seront recrutées ces prochains mois » et « un niveau d'emploi équivalent » dans les trois ans. Le porte-parole de l'UMP, Frédéric Lefebvre, salue « la détermination et le volontarisme du gouvernement ». « Des chiffres inexacts mais si ça les amuse de claironner..., commente Denis Parise. Nous là, on a un peu de temps, alors on va aller les chercher ces emplois, on ne va pas les lâcher ! » W

à Toulouse, H. M.