Pas de tapis rouge pour le nouvel opérateur

Angeline Benoit

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L'arrivée d'un quatrième opérateur permettrait d'instaurer une vraie concurrence.
L'arrivée d'un quatrième opérateur permettrait d'instaurer une vraie concurrence. — S. POUZET / 20 MINUTES

C'est la facture des usagers du téléphone mobile qui est en jeu. Le président de la République a jeté le trouble, mardi soir, en déclarant lors d'un cocktail avec des députés UMP qu'il était « sceptique et réservé sur le choix d'un quatrième opérateur ». L'entrée d'un concurrent sur le marché est souhaitée par les associations de consommateurs, qui accusent Orange, SFR et Bouygues de maintenir des prix élevés. Ces derniers sont les seuls à posséder un réseau, et le louent à leurs concurrents (NRJ Mobile, etc.) à des tarifs peu compétitifs. L'arrivée d'un nouvel opérateur, qui se verrait attribuer des fréquences pour construire son propre réseau, permettrait une vraie concurrence.

Le seul candidat déclaré à ce jour, le trublion de l'Internet Free, ne fait d'ailleurs pas mystère de sa volonté de « baisser les tarifs et de simplifier les offres », à l'instar de l'offre téléphone-télévision-Internet à 29,90 euros qu'il a été le premier à lancer en 2002. Un projet qui lui vaut l'hostilité déclarée d'Orange, SFR et Bouygues, qui tentent par tous les moyens (des pressions politiques aux recours juridiques) de l'écarter. Le patron de Bouygues a même agité le spectre de « 10 000 à 30 000 pertes d'emplois chez les opérateurs », si le gouvernement « autorise un nouvel entrant à venir faire de l'ultra low-cost ».

« On est inquiet. C'est un message politique adressé à Free. On ne sait pas ce qu'il y a derrière, mais on attend un coup », a déclaré hier, Edouard Barreiro, de l'association de consommateurs UFC-Que Choisir. « Tout le monde sait que les opérateurs en place ont l'oreille du président, particulièrement son ami Martin Bouygues », a-t-il ajouté. Chez Free, on s'abstenait de tout commentaire, confirmant simplement que le groupe répondrait à l'appel d'offres lancé en août. La date limite pour postuler a été fixée au 29 octobre et le gendarme des télécommunications, l'Arcep, désignera le vainqueur au plus tard le 31 mai 2010. Du côté de l'Elysée, l'entourage de Nicolas Sarkozy a d'ailleurs réfuté toute remise en cause de cette procédure. « Le président voulait dire qu'un nouvel entrant ne garantit pas une baisse de prix, et que cela amène d'autres complications, comme la présence de milliers d'antennes supplémentaires », a-t-on indiqué. W