Nestlé est prêt à quitter la Suisse si les salaires sont plafonnés

INDUSTRIE C'est le président directeur général Peter Brabeck qui le dit...

Avec agence

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Assemblée générale du groupe Nestlé, le 14 avril 2005 à Lausanne en Suisse. 
Assemblée générale du groupe Nestlé, le 14 avril 2005 à Lausanne en Suisse.  — F. COFFRINI/EPA/SIPA

Nestlé, la plus grande compagnie de produits alimentaires au monde, pourrait quitter son pays d'origine si Berne décidait de plafonner les salaires de ses dirigeants, a déclaré son président directeur général Peter Brabeck au journal dominical suisse Sonntag. «Ce serait le début de la fin», a-t-il répondu à la question de savoir ce qui se passerait si le gouvernement suisse imposait un plafonnement des salaires des hauts dirigeants d'entreprises.
Interrogé sur les conséquences d'une telle mesure sur son groupe, il a ajouté: «Nous serions amenés à nous demander si la Suisse est toujours pour nous le lieu le plus approprié» pour y garder le siège de la société.

Colère contre les primes des dirigeants

La crise financière et économique provoque une colère grandissante contre les salaires et les primes des dirigeants des grandes sociétés et notamment de ceux qui travaillent dans la finance. Au cours des dernières semaines, des responsables politiques de plusieurs grandes nations industrielles ont proposé d'imposer un plafonnement de ces salaires.

Pour Peter Brabeck, la caractéristique la plus attrayante de la Suisse a été la «sécurité légale» qu'elle offrait. Toutefois, a-t-il ajouté, cette sécurité «qui était aussi solide qu'un bloc de granit, s'est ramollie». «Récemment, il y a eu des pressions extérieures sur la Suisse et des pressions populistes à l'intérieur, et nous avons pu constater que le gouvernement et le parlement se sont empressés de montrer leur disposition à modifier les lois», a-t-il noté. «C'est préjudiciable au pays. La Suisse avait la réputation de ne pas céder à ce type de pressions», a-t-il remarqué.

La fin du secret bancaire


A la suite d'une action en justice intentée auprès d'un tribunal des Etats-Unis contre le géant du système bancaire suisse UBS, ce dernier a accepté de révéler l'identité de 4.450 de ses clients américains. Pour certains, cet événement a scellé la fin du légendaire secret bancaire suisse.

Selon Peter Brabeck, le cas d'UBS n'est pas un cas isolé. Il a cité les pressions, dans le même sens, du ministre allemand des Finances Peer Steinbrück. «Il est indispensable que la sécurité légale soit restaurée en Suisse», a-t-il conclu. Nestlé, qui a son siège à Vevey (ouest), a réalisé l'an dernier un bénéfice net de 18 milliards de francs suisses (17,3 milliards de dollars, 11,9 milliards d'euros).