Pour Christian Estrosi, «la direction de Molex ne se comporte pas comme elle le devrait»

ECONOMIE Le ministre estime, à l'instar des salariés, que le rachat du site est possible...

O.R. avec agence

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      — P. PAVANI / AFP
«Christian Estrosi, ministre chargé de l'Industrie, a eu ce matin par téléphone un nouveau contact très tendu avec M. Eric Doesburg, directeur du développement du groupe Molex», apprend-on dans un communiqué, ce mercredi.

Depuis dix mois, les 283 salariés de l'usine de Villemur-sur-Tarn se battent contre la fermeture du site, qu'ils estiment économiquement viable. Depuis deux semaines, une médiation est organisée par le gouvernement, entre salariés et dirigeants. Une médiation qui ne semble pas porter ses fruits, Christian Estrosi considérant que «la direction américaine de Molex ne se comporte pas comme elle le devrait».

Interrogé par 20minutes.fr, Maître Denjean, avocat du comité d'entreprise,
n'est «pas surpris» par les déclarations du ministre. «Les méthodes de la direction, nous ne les connaissons que trop, depuis plusieurs semaines», explique-t-il. «Mais nous constatons que le gouvernement s'engage, comme nous ne cessons de le demander. Il tape du poing sur la table pour dénoncer le discours contradictoire de Molex qui d'un côté demande la médiation et de l'autre refuse le dialogue».

Une «attitude particulièrement peu constructive»

Salariés et gouvernement estiment qu'une reprise du site est possible. Dans son communiqué, Christian Estrosi annonce que le gouvernement «est prêt à financer intégralement le projet de reprise du repreneur». Selon lui, «le seul obstacle au projet de repreneur est la position du groupe Molex, qui par son attitude particulièrement peu constructive ces derniers jours, bloque toute solution d'avenir.»

Le ministre, dans le cas de l'absence de négociations «de bonne foi» avec le repreneur, et dans l‚incapacité à aboutir à un projet de reprise, menace Molex de demander «officiellement aux constructeurs automobiles français de suspendre immédiatement toute commande de matériel incluant des produits fabriqués par le groupe Molex.»

"Echec des discussions" avec un éventuel repreneur

Markus Kerriou, vice-président Europe pour les ressources humaines de Molex, s’est déclaré mercredi «surpris et choqué» par les menaces de Christian Estrosi. Le groupe américain a également annoncé «l'échec des discussions avec l'acheteur potentiel» de son usine de Villemur-sur-Tarn (Haute-Garonne).

La société proposée à Molex «ne semblait pas avoir un business plan pour l'usine de Villemur et ses salariés, et n'avait pas la volonté de faire les investissements de capitaux nécessaires», selon Martin Slark, vice-président et directeur général du groupe américain.