Jean-Claude Juncker soutient une limitation mondiale des bonus

ECONOMIE Les ministres européens des Finances se réunissent ce mercredi pour préparer le sommet du G20 de Pittsburgh...

M. D. avec agence

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Au-delà, l'idée d'un plan de relance généralisé, suggéré par le chancelier autrichien Alfred Gusenbauer, ne semble pas à l'ordre du jour. Le président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker a rejeté sèchement l'idée en expliquant que cela contribuerait seulement à creuser des déficits publics déjà importants.
Au-delà, l'idée d'un plan de relance généralisé, suggéré par le chancelier autrichien Alfred Gusenbauer, ne semble pas à l'ordre du jour. Le président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker a rejeté sèchement l'idée en expliquant que cela contribuerait seulement à creuser des déficits publics déjà importants. — John Thys AFP

Le chef de file des ministres Finances de la zone euro, Jean-Claude Juncker, a apporté son soutien, ce mercredi, à la proposition française d'une limitation internationale des bonus bancaires en vue du sommet mondial du G20 de la fin du mois.

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Nicolas Sarkozy a annoncé la semaine dernière son intention de prôner auprès de ses partenaires du G20 une limitation des bonus bancaires au niveau international, à la suite de l'annonce en France de mesures acceptées par les banques pour limiter les primes versées à leurs traders.
 
Le test avant le G20
 
De nombreux patrons de banques estiment en effet qu'une telle mesure de plafonnement limitée au seul niveau national serait inefficace si elle n'était pas suivie dans les principaux pays. La proposition française est déjà soutenue par l'Allemagne et par la Commission européenne, mais la Grande-Bretagne, qui abrite la City, principale place financière européenne, et les Etats-Unis sont plus réservés.

A un mois du G20, la France a toutefois trouvé un allié inattendu dans la bataille contre les bonus excessifs dans le chef de l'Autorité britannique des services financiers (FSA), Adair Turner, qui s'est déclaré personnellement favorable à une taxe sur les transactions. Dans une table ronde avec des économistes publiée jeudi par le magazine Prospect, sous le titre «Comment dompter la finance mondiale?», Adair Turner constate qu'il va falloir «une reconstruction massive du système de régulation financier mondial».

La City pense à la taxe Tobin

Il évoque une City qui a grandi «au delà du raisonnable», et dont une partie de l'activité est «socialement inutile». «Si vous voulez faire cesser les rémunérations excessives dans un secteur financier hypertrophié, (vous pouvez augmenter l'exigence de capital) et si ça ne suffit pas, j'envisagerais bien volontiers des taxes sur les transactions financières, des taxes Tobin», indique-t-il.

Une telle taxe avait été imaginée par l'économiste américain James Tobin au début des années 70, pour décourager la spéculation et soutenir les pays pauvres mais elle n'a jamais vu le jour, devant l'opposition des milieux financiers mondiaux. L'ancien président français Jacques Chirac est à l'origine d'une des seules concrétisations partielles de cette idée, la taxe sur les billets d'avion finançant l'achat de médicaments pour les pays pauvres.

Qu'en pensez-vous? Faut-il mettre en place une taxe sur les bonus, les limiter ou ne pas les réglementer du tout? Donnez-nous votre avis dans les commentaires.