Après la réunion à l'Elysée, la BNP-Paribas va réduire de moitié l'enveloppe des bonus

ECONOMIE Mais les banques françaises ne veulent pas être les seules à jouer le jeu...

M.D avec agence

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Nicolas Sarkozy s'adresse aux journalistes à la fin du conseil des ministres, le 29 juillet 2009.
Nicolas Sarkozy s'adresse aux journalistes à la fin du conseil des ministres, le 29 juillet 2009. — STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Les banques ont pris des engagements, mais ne veulent pas être pénalisées vis-à-vis des pays voisins. Reçus ce mardi après-midi à l'Elysée par Nicolas Sarkozy, les représentants des banques se sont dits prêts à prendre des mesures. De son côté, Nicolas Sarkozy a été ferme: «les comportements irresponsables» doivent pouvoir «être sanctionnés». Le chef de l'Etat faisait écho aux versements de bonus qui pourraient être effectués en fin d'année par plusieurs banques, notamment par la BNP-Paribas.

Le chef de l'Etat a souhaité «plus de transparence, plus de contrôle, plus de responsabilité», avant de déclarer que «la rémunération des traders est un élément essentiel pour que la crise que nous avons vécue ne se reproduise pas». «Mais alors que les premiers signes de stabilisation se font jour, on voit revenir les mauvaises habitudes, je ne peux pas l'accepter», a-t-il mis en garde.

La BNP-Paribas va réduire ses bonus

Les banques françaises s'engagent, donc, à adopter un «système de bonus-malus» dans le calcul des rémunérations variables, a déclaré le président de la Fédération bancaire française (FBF), Baudouin Prot, à l'issue de la réunion. En application de ces nouvelles règles, BNP Paribas réduira de moitié à 500 millions d'euros l'enveloppe prévue pour les bonus de les salariés de la branche finance au premier semestre, a-t-il ajouté, s'exprimant cette fois en tant que directeur général de la banque.

Selon Baudouin Prot, les banques se sont engagées à un «renforcement de la gouvernance, de la transparence» et à «la mise en place d'un système de bonus malus», à savoir que les salariés seront désormais associés non plus seulement aux profits mais aussi aux pertes éventuelles de leur établissement. En outre, «le régulateur et les actionnaires de chaque banque» devront être «informés de l'enveloppe mais aussi de la méthode de calcul de ces rémunérations variables».

Toutefois, «la difficulté tient au fait que cet encadrement ne peut être mis en place dans un seul pays», a-t-il fait valoir, alors que les banques françaises craignent qu'une initiative française isolée ne les pénalise par rapport à leurs concurrentes dans d'autres pays.

Les mesures attendront le G20

Nicolas Sarkozy avait justement souligné, lors de la réunion, l'importance de l'initiative française en matière de régulation, insistant toutefois sur le fait que l'initiative doit être suivie internationalement. Tout d'abord, «je souhaite que nous définissions le cadre d'une initiative française (sur la rémunération des traders) dans la perspective du G20 de Pittsburgh», qui doit se tenir les 24-25 septembre. «Je ne ménagerai pas mes efforts pour faire émerger sur ce sujet une approche européenne».

Deuxièmement, «le problème est international et il doit être traité internationalement mais la France ne s'alignera pas sur le moins-disant ni n'attendra pour agir», a-t-il dit, souhaitant «que les banques françaises adoptent un comportement exemplaire». «Discutons des mesures nationales qu'il faut adopter immédiatement».

Enfin, «je ne veux pas que plane la moindre suspicion sur l'emploi des fonds publics», a assuré le chef de l'Etat. «Si l'Etat est intervenu, c'est pour que les banques soutiennent les entreprises et prêtent aux ménages, pas pour qu'elle spéculent». C'est la septième fois, cette année, que Nicolas Sarkozy reçoit les représentants des banques.

«Continuer à accompagner les entreprises»

Il a également exhorté les banquiers à «continuer à accompagner les entreprises» au cours des prochains mois «qui resteront difficiles», mettant en garde contre un étouffement des «signes de reprise» par un resserrement du crédit.

Le chef de l'Etat a demandé de «continuer à tout faire pour financer l'économie», selon ses propos liminaires à la rencontre, diffusés par ses services. «Aujourd'hui, la progression des encours de crédit reste positive en rythme annuel, mais je constate une décélération sur les derniers mois», a poursuivi le chef de l'Etat. «Je voudrais que nous examinions ensemble les moyens à mettre en oeuvre pour tenir, voire dépasser les objectifs que nous avons fixés dans le cadre du plan de financement de l'économie».