Les salariés de Nortel retirent les bonbonnes de gaz de l'entreprise

SOCIAL Dans l'attente d'une réunion cet après-midi ...

Avec agence

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 Le groupe de communication et centre de recherches sur les technologies sans fil canadien Nortel.
 Le groupe de communication et centre de recherches sur les technologies sans fil canadien Nortel. — MAURITZ ANTIN/EPA/SIPA

Des salariés grévistes de Nortel France SA (NNSA) ont retiré ce mercredi matin les onze bonbonnes de gaz qu'ils avaient placées mardi sur le site de Châteaufort (Yvelines). Elles étaient de toute façon «vides», a affirmé à E24.fr  un responsable du collectif des salariés en grève. «Nous désespérions d'attirer l'attention des médias», a-t-il ajouté.

«On a réussi à arracher une réunion cet après-midi avec l'administrateur français et l'administrateur anglais pour enfin parler de nos problèmes», a pour sa part déclaré Denis Vinçon, un des quatre représentants des salariés grévistes, lors d'un assemblée générale devant le site. «Enfin, ça bouge», a-t-il ajouté. Denis Vinçon a également annoncé qu'une délégation sera «reçue à Gif-sur-Yvette par Valérie Pécresse», ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, mercredi soir.

Un certain nombre de plans sociaux cet été

Xavier Darcos avait pour sa part déclaré ce mercredi «comprendre [la] colère» des salariés de Nortel mais qu'il fallait «reprendre le dialogue», tout en assurant que le gouvernement «protègerait les salariés». Le ministre du Travail a toutefois reconnu que l'été risquait de «favoriser un certain nombre de plans sociaux», et a indiqué qu'il avait une vision «plutôt sombre» de la situation.

Après ceux de New Fabris à Châtellerault (Vienne), des salariés grévistes de Nortel ont menacé mardi de faire sauter leur entreprise, en liquidation judiciaire, après avoir installé une dizaine de bouteilles de gaz mardi. Cette filiale française de l'équipementier en communication canadien et centre de recherches sur les technologies sans fil, a été placée en liquidation judiciaire le 28 mai.

Le tribunal de commerce de Versailles a assorti sa décision de liquidation d'une continuation d'activité en vue de la revente et fixé au 19 août la date limite de dépôt d'offres de reprise. Parallèlement, un plan social prévoit la suppression de 467 des 683 postes (dont 18 non-cadres). Leur licenciement sera effectif le 1er août. Mais en l'absence de reprise des activités de Nortel France SA, l'ensemble des 683 employés devraient être licenciés.

«Les gens n'ont plus rien à perdre»

«Si les administrateurs ne prennent pas leurs responsabilités, le site risque de péter», a averti un des quatre représentants des salariés grévistes, qui a requis l'anonymat. «Si jamais la réunion (avec les administrateurs judiciaires français et leurs homologues britanniques chargés de la procédure pour Nortel Europe) n'a pas lieu demain, si elle n'est pas constructive, il n'y aura plus de contrôle», a-t-il poursuivi, ajoutant: «Les gens n'ont plus rien à perdre, ils vont aller jusqu'au bout.»

Un représentant syndical CFTC s'est montré plus modéré. «Les salariés sont très énervés», a-t-il indiqué. «On est des cadres trop gentils, il faut passer à la vitesse supérieure» dans la mobilisation, a-t-il ajouté. «Pour l'instant, on mène ces actions pour qu'on nous prenne en considération», a-t-il dit tout en assurant qu'il était «tout à fait possible que les salariés fassent exploser les bonbonnes de gaz».

Les salariés grévistes ont également prévu de bloquer mercredi la route D36, devant le site, de faire brûler des palettes et des pneus, et de manifester devant le siège à Boulogne-Billancourt de Bouygues Telecom, dont ils gèrent la fonction support.