Ça pêche dur du côté français

Louis Moulin et Angeline Benoit

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Sur les cinq dernières années, la production de pêches françaises a reculé de 29 %.
Sur les cinq dernières années, la production de pêches françaises a reculé de 29 %. — M. DANIAU / AFP

A voir les fraises débarquer sur les étals en avril, les saisons finissent par ne plus avoir de sens. Contrairement à ce que pourrait laisser croire la chaleur des dernières semaines, les pêches qui inondent actuellement les marchés ne proviennent pas des vergers français mais d'Espagne, d'Argentine ou du Chili. La saison, qui démarre en juillet, n'a pas commencé. Les importations représentent 40 % du marché, surtout en provenance d'Espagne, et font une concurrence sévère à la pêche française. Essentiellement cultivée dans le sud du pays - dans la Crau, le Roussillon, la vallée du Rhône et la région de Nîmes - elle est plus chère en raison des coûts de récolte. Sur les cinq dernières années, la production française est en recul de 29 % alors que dans le même temps, l'offre espagnole progresse de 11 %.

La filière tente de se défendre en mettant en avant la qualité de ses produits. Christian Hilaire, du Centre technique interprofessionnel des fruits et légumes, confirme : « Les Espagnols cueillent des fruits à peine mûrs pour qu'ils n'arrivent pas abîmés sur les étals. Du coup, ils sont moins sucrés, plus acides et moins aromatisés. » Les producteurs font aussi valoir qu'une consommation locale et saisonnière diminue les transports et les émissions de CO2. Une démarche adoptée par la chaîne de magasins Biocoop car « consommer local et bio, c'est une démarche cohérente pour l'environnement ». Nathalie Francq, gestionnaire de l'Association d'organisations de producteurs (AOP) de pêches et nectarines de France, veut y croire : « Le changement des habitudes de consommation à long terme pousse à l'optimisme pour la pêche française. » W