Pétrole : Le cours du baril retrouve ses niveaux d’avant la guerre en Ukraine

OR NOIR Les experts mettent en avant la perspective d’un accord sur le nucléaire iranien pour expliquer la baisse actuelle des cours

20 Minutes avec AFP
Production de pétrole aux Etats-Unis (illustration).
Production de pétrole aux Etats-Unis (illustration). — Charlie Riedel/AP

L’or noir ne flambe plus. Les cours du pétrole ont de nouveau brutalement reculé mardi, écrasés par le ralentissement économique en Chine mais surtout par la perspective de plus en plus palpable d’un accord sur le nucléaire iranien, qui libérerait presque instantanément des millions de barils.

Le prix du baril de West Texas Intermediate (WTI) américain pour livraison en septembre a fondu de 3,22 %, pour terminer à 86,53 dollars, son plus bas niveau en clôture depuis le 25 janvier, soit quasiment sept mois. Quant au Brent de la mer du Nord, avec échéance en octobre, il a lui abandonné 2,90 %, à 92,34 dollars, son plus faible niveau en clôture depuis début février.

Les discussions se poursuivent avec l’Iran

Pour Robert Yawger, de Mizuho, ce nouveau décrochage est « principalement lié à l’Iran ». Les responsables de l’Union européenne et les Etats-Unis examinaient mardi la réponse de la République islamique au texte proposé par l’UE pour relancer l’accord sur le nucléaire iranien, assortie de demandes de modifications.

Bien que les Européens aient initialement présenté leur version du document comme « finale », les discussions se poursuivaient sur de possibles amendements. « Il semble qu’ils essayent vraiment de parvenir à un accord », a observé Robert Yawger. En cas de succès, « c’est la possibilité de voir un million de barils de plus par jour sur le marché », souligne l’analyste, et davantage à moyen terme. Au moment du retrait des Etats-Unis de l’accord originel, en 2018, l’Iran exportait environ 2,45 millions de barils par jour, selon le service de recherche du Congrès américain.

Quelque 100 millions de barils en attente

Faute d’avoir pu exporter librement depuis quatre ans, le neuvième producteur mondial (selon l’Agence américaine d’information sur l’énergie) pourrait, en outre, libérer rapidement quelque 100 millions de barils déjà pompés. « Si l’accord sur le nucléaire iranien est ressuscité, cela pourrait pousser les prix (du WTI) tout près de 80 dollars », avance, dans une note, Edward Moya, d’Oanda.