Des tonnes d’agrumes sud-africains bloqués dans les ports à cause de nouvelles règles sanitaires

ALIMENTATION Les nouvelles mesures de l’UE sont entrées en vigueur alors que des tonnes de fruits étaient déjà en route pour l’Europe

20 Minutes avec agences
Un espace fruits et légumes dans un supermarché Auchan en France. (Photo d'illustration)
Un espace fruits et légumes dans un supermarché Auchan en France. (Photo d'illustration) — NICOLAS MESSYASZ/SIPA

Des tonnes d’oranges, qui pourrissent dans des conteneurs bloqués dans les ports européens, risquent la destruction. La situation est due à un conflit commercial entre l’Afrique du Sud et l'Union européenne (UE) autour des règles d’ importation.

En juillet, l’UE a introduit de nouvelles exigences phytosanitaires. L'Afrique du Sud, deuxième exportateur mondial d' agrumes frais après l’Espagne, a immédiatement porté plainte auprès de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), estimant que ces nouvelles mesures menaçaient la survie du secteur.

Lutte contre le faux carpocapse

Les mesures sont entrées en vigueur alors que des centaines de conteneurs naviguaient déjà vers l’Europe. Les navires ont donc été bloqués à l’arrivée. « C’est un désastre complet et absolu », a commenté Justin Chadwick, PDG de l’association sud-africaine des producteurs d’agrumes (CGA). « Des aliments de qualité exceptionnelle, qui ne posent aucun risque, végètent là… C’est vraiment une catastrophe. »

Les nouvelles règles visent à lutter contre la propagation potentielle du faux carpocapse, un parasite africain qui se loge dans les oranges et les pamplemousses. L’UE exige le traitement par froid extrême de toutes les oranges destinées aux tables européennes et un maintien à des températures inférieures ou égales à 2 °C pendant 25 jours.

Les producteurs sud-africains, qui disposent déjà de moyens plus ciblés pour prévenir l’infestation, jugent ces mesures inutiles. Dans sa plainte à l’OMC, le pays exportateur fait valoir que ces exigences ne sont « pas fondées sur des données scientifiques », qu’elles sont « discriminatoires », excessives, et font peser un stress supplémentaire sur une filière déjà éprouvée.

60 jours de négociation

L’Europe est le plus grand marché pour les agrumes sud-africains. Le secteur emploie plus de 120.000 personnes dans un pays où plus d’une personne sur trois est sans emploi. Les nouvelles règles, survenues au plus fort de la saison des oranges, ont pris de court les producteurs.

Le différend est maintenant entre les mains de l’OMC. Les parties ont 60 jours pour négocier une solution. A défaut, le plaignant peut demander l’arbitrage d’un panel. De son côté, l’UE s’est dite confiante sur la « compatibilité de ses mesures avec les règles de l’OMC ». La CGA espère de son côté que le « bon sens » prévaudra et qu’une solution rapide pourra être trouvée.