La fraude au CPF a fortement augmenté en France en 2021, celle aux aides Covid-19 aussi

ESCROQUERIE Les soupçons de fraudes liées au CPF ont représenté 43,2 millions d’euros l’an passé

20 Minutes avec agences
Le dispositif de compte personnel de formation (CPF) (illustration).
Le dispositif de compte personnel de formation (CPF) (illustration). — Tristan Reynaud/DICOM/SIPA

La fraude au compte personnel de formation (CPF) a fortement augmenté dans l’activité de Tracfin en 2021. La cellule de renseignements financiers du ministère de l’Economie a publié ce mercredi son rapport annuel, qui montre aussi la persistance des fraudes aux aides liées au Covid-19.

La part grandissante de la fraude au CPF s’est confirmée sur les six premiers mois de 2022, selon le directeur de Tracfin, Guillaume Valette-Valla. Le CPF, qui existe depuis janvier 2019, permet à tout travailleur d’acquérir des droits à la formation en euros et non plus en heures via une plateforme en ligne. C’est la Caisse des dépôts (CDC) qui rémunère directement les sociétés de formation.

Des réseaux criminels professionnels

Mais ces entreprises sont parfois des coquilles vides cherchant à siphonner de l’argent public. Ces fausses sociétés ont pullulé l’an dernier : les déclarations de soupçons transmises à Tracfin par la CDC ou des banques ont grimpé à 116 contre seulement 10 en 2020. Cela représente 43,2 millions d’euros de soupçons de fraude, contre 7,8 millions d’euros l’année précédente, selon le Tracfin.

Les méthodes de fraude ont évolué, note le rapport de la cellule de Bercy. En 2020, les tentatives d’arnaque se basaient sur des « schémas classiques d’usurpation d’identité », note Guillaume Valette-Valla. Depuis, les réseaux se sont professionnalisés et comptent des organisations criminelles transnationales, notamment en dehors de l’Union européenne.

La fraude au CPF est loin d’être le seul dispositif d’aide publique victime de la fraude. Tracfin note dans son rapport une persistance des arnaques aux aides Covid-19. La fraude à l’indemnisation du chômage partiel, au fonds de solidarité et aux prêts garantis par l’État a ainsi représenté un enjeu financier supérieur à 16 millions d’euros.