Electricité : Les prix s’envolent pour l’hiver, le régulateur veut interroger les fournisseurs

INFLATION Les prix ont « presque doublé en quelques semaines », note la Commission de régulation de l'énergie

20 Minutes avec AFP
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Les prix de l'électricité pour l'hiver s'envolent. (illustration)
Les prix de l'électricité pour l'hiver s'envolent. (illustration) — GILE Michel/SIPA

Si les prix du pétrole et du gaz s’envolent avec la guerre en Ukraine, ceux de l’électricité ne sont pas en reste. « Les prix à terme de l’électricité pour l’hiver 2022-2023 pour livraison en France sont extrêmement élevés » et ont « presque doublé en quelques semaines », relève ainsi la Commission de régulation de l'énergie (CRE) dans un rapport. L’électricité pour livraison au quatrième trimestre de 2022 valait plus de 800 euros le mégawattheure (MWh) ces derniers jours alors que c’était encore moins de 500 euros durant la première quinzaine de juin, un niveau déjà très élevé.

Mardi, l’électricité pour livraison l’an prochain en France évoluait à un niveau record, à 495 euros le MWh. Cette hausse suivait celle du gaz, après l’annonce la veille de nouvelles coupes drastiques des livraisons via le gazoduc Nord Stream annoncées par le géant gazier russe Gazprom. Les prix en France ont cependant grimpé davantage que chez ses voisins, notamment l’Allemagne, alors que l’Hexagone bénéficie d’un meilleur approvisionnement en gaz, dont les prix affectent par ricochet ceux de l’électricité.

Le marché français sous surveillance

La CRE note ainsi que les prix à terme en France n’obéissent plus à la logique habituelle. « Ils reflètent soit des anticipations de forte pénurie, soit une prime de risque élevée sur le marché de l’électricité français, et vraisemblablement la conjonction des deux », observe-t-elle.

« Dans ce contexte, outre la prolongation de ses actions de surveillance renforcée des marchés, la CRE va interroger formellement les acteurs de marché sur leurs stratégies et leurs anticipations pour l’hiver 2022-2023 », conclut-elle. La Commission ajoute qu’elle « a renforcé sa surveillance du marché de gros français depuis le second semestre 2021 » et « n’a pas observé à ce jour de comportement susceptible de relever de la manipulation de marché sur les prix à terme de l’électricité ».