L’enseigne vestimentaire Camaïeu, en « cessation de paiements », demande son placement en redressement judiciaire

FAILLITE Les loyers de la période Covid pèsent lourd dans les finances du groupe, selon la direction

20 Minutes avec AFP
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Les enseignes Camaïeu vont définitivement fermer le store.
Les enseignes Camaïeu vont définitivement fermer le store. — Vit Simanek/AP/SIPA

L’enseigne nordiste Camaïeu s’est déclarée lundi en « cessation de paiements » et « a demandé l’ouverture d’une procédure en redressement judiciaire avec plan de continuation au tribunal de commerce de Lille », près de deux ans après sa reprise par la Financière immobilière bordelaise, a indiqué la direction. Sa situation sera examinée lors d’une audience lundi après-midi

« La demande de Camaïeu est motivée par une accélération des difficultés de l’entreprise et plus particulièrement par les conséquences » d’un arrêt de la Cour de Cassation, daté du 30 juin, « refusant aux commerçants la baisse des loyers de la période Covid », a expliqué la direction du géant du prêt-à-porter féminin. « L’objectif majeur de la demande de Camaïeu est de préserver la pérennité de l’entreprise », a-t-elle précisé.

Les loyers des magasins ne sont plus payés

Interrogé plus tôt par l’AFP, le président du tribunal de commerce de Lille avait confirmé avoir reçu lundi matin une déclaration de « cessation de paiements » par la société gestionnaire, Aciam (qui appartient à la FIB). Selon une source proche du dossier, cette demande est faite « au vu de la difficulté des temps en matière de retail et de la difficulté de la reprise de Camaïeu » qui rencontre des « difficultés de paiement auprès des bailleurs ».

Fin juin, le quotidien Le Monde avait fait état des inquiétudes des syndicats de Camaïeu, selon lesquels l’entreprise ne versait plus les loyers de près de la moitié des magasins exploités en France. « Depuis des mois la CGT mène des actions en vue de dénoncer la stratégie de la direction et de l’actionnaire sur le choix de ne plus payer les bailleurs (plusieurs centaines de procédures), la cour de cassation a tranché, les entreprises devront payer », a dénoncé lundi le délégué CGT Thierry Siwik, dans un message envoyé à la presse.

En août 2020, la FIB avait repris 511 des 634 magasins en France et environ 2.600 salariés sur plus de 3.100, lançant un grand plan de transformation et un « travail de fond sur la marque et l’offre ». La nouvelle direction s’était alors donné deux ans pour remettre l’entreprise à l’équilibre, avec l’objectif de retrouver en 2023 le chiffre d’affaires de 2019, autour de 570 millions d’euros.