Pouvoir d’achat : Les députés votent la revalorisation de 4 % des retraites et prestations sociales

ECONOMIE Sont notamment concernées, en plus des retraites, les allocations familiales et minima sociaux, et les députés ont également adopté la déconjugalisation de l'Allocation adulte handicapé

20 Minutes avec AFP
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Illustration: l'Assemblée nationale
Illustration: l'Assemblée nationale — Jacques Witt/SIPA

L’Assemblée nationale a voté ce mercredi à la quasi-unanimité la revalorisation des prestations sociales et des pensions de retraite de 4 %, lors de l’examen en première lecture du projet de loi sur le pouvoir d'achat.

Sont notamment concernées, en plus des retraites, les allocations familiales et minima sociaux, comme le RSA, l’Allocation adulte handicapé (AAH) et les bourses étudiantes sur critères sociaux. Cette revalorisation prendra effet dès le 1er juillet 2022, de façon rétroactive, sans attendre la date de revalorisation automatique annuelle.

« Miettes aux mortels »

La rapporteure de la majorité, Charlotte Parmentier-Lecocq a défendu un article qui va « rendre du pouvoir d’achat aux Français dès cet été » et permet « d’anticiper ». De son côté, l’alliance de gauche Nupes a dénoncé, par la voix d’Adrien Quatennens (LFI) et d’Arthur Delaporte (PS), une revalorisation « inférieure à l’inflation ». « Jupiter (…) balance depuis l’Olympe des miettes aux simples mortels », a ironisé l’élue RN Laure Lavalette, dénonçant une revalorisation « qui ne correspond en rien à la réalité de l’inflation dans notre pays ».

L’augmentation des prix a atteint 5,8 % au mois de juin mais pourrait grimper à 6,8 % sur un an en septembre, selon l’INSEE. Dans le détail, sont notamment concernées par cette mesure les pensions de retraite et d’invalidité des régimes de base, déjà revalorisées automatiquement de 1,1 % en janvier.

« Approche par branche » sur les salaires minimums

Egalement touchées par cette mesure, les allocations familiales et minima sociaux, à savoir le revenu de solidarité active (RSA), l’allocation aux adultes handicapés (AAH), l’allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa) et les bourses sur critères sociaux pour les étudiants. Certaines de ces prestations sociales avaient déjà augmenté de 1,8 % en avril.

Auparavant, les députés ont voté un article pour inciter les branches à signer des accords sur leur salaire minimum, afin d’éviter des grilles trop écrasées aux premiers échelons. Le MoDem Nicolas Turquois a vanté un « outil supplémentaire » avec « l’approche par branche ».

LFI a fustigé la mesure. C’est « l’article Ponce Pilate, on s’en lave les mains », selon François Ruffin, un « classique pour justifier l’inaction » sur les hausses de salaires. Le RN l’a voté même si c’est « terriblement minimaliste », « ne comptez pas sur nous pour en rester là sur les salaires. La question des salaires est votre grand tabou », a estimé Jean-Philippe Tanguy.

Déconjugalisation de l'allocation adulte handicapé

L'Assemblée a également voté à l'unanimité moins une voix en première lecture la déconjugalisation de l'allocation adulte handicapé (AAH), une mesure phare du projet de loi pouvoir d'achat, après plusieurs refus de l'exécutif lors de la précédente législature.

Les députés de tous les groupes avaient déposé des amendements pour que les revenus du conjoint ne soient plus pris en compte pour le calcul de cette prestation, à compter d'octobre 2023 au plus tard, une mesure réclamée de longue date par les oppositions et les associations.