Inflation : Le prix des glaces en hausse pour ces vacances d’été ?

UNE OU DEUX BOULES ? En raison de l'inflation, le prix des glaces pourrait prendre un coup de chaud cet été

Noémie Penot
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D'après Bruno Aïm, le président de la Confédération Nationale des Glaciers de France, la boule de glace en bord de mer pourrait augmenter de 50 centimes.
D'après Bruno Aïm, le président de la Confédération Nationale des Glaciers de France, la boule de glace en bord de mer pourrait augmenter de 50 centimes. — Canva
  • Selon Bruno Aïm, président de la Confédération nationale des glaciers de France, le prix d’une boule de glace pourrait augmenter d’environ 50 centimes.
  • En cause : la hausse du prix des matières premières et de l’énergie, qui pèse fortement sur la trésorerie des artisans glaciers.
  • Plusieurs glaciers ont pourtant confié à 20 Minutes ne pas avoir augmenté leurs tarifs pour cette saison.

Elles sont presque aussi indispensables qu’une serviette et un maillot de bain pour aller profiter du bord de mer en plein été. Elles, ce sont les glaces. Au goûter, en dessert… Un petit plaisir estival auquel nous sommes nombreux à succomber. Mais elles pourraient n’avoir de petit que le plaisir, car en raison de l’inflation, leur prix, comme pour beaucoup d’autres aliments, risque de grimper. Est-ce vraiment le cas ? Est-ce partout pareil ? En grande surface, au restaurant, chez les glaciers en bord de mer ? 20 Minutes a vérifié pour vous.

Le montant des factures augmente

Pour tous les vendeurs et revendeurs de glace, le constat est le même : le prix des matières premières a flambé. « En mars, le kilo de fruits rouges est passé de 2,50 à 9 euros, et nous ne les achetons plus frais mais surgelés. Les oeufs ont également pris 6 %, la crème 8 %, et nous payons le sucre entre 20 et 30 centimes plus cher le kilo », d’après Bruno Aïm, président de la Confédération nationale des glaciers de France et gérant de la fabrique de sorbets et glaces de sorbets de Saint-Mandé, qui approvisionne la restauration.

L’énergie se paie aussi au prix fort, car les chambres froides et les congélateurs sont très gourmands en électricité. « Nous payons 1.000 euros de plus par mois », assure-t-il. Cartons, emballages, cuillères… C’est la même rengaine pour les fournitures. « Les bacs en plastique dans lesquels on met les glaces ont pris 7 % depuis mars/avril », ajoute Bruno Aïm.

Une hausse des prix…

Les Français commencent à en avoir l’habitude : les prix de l’alimentation se sont envolés ces derniers mois. Et la glace ne ferait donc pas exception. « En bord de mer, une boule qui coûtait 2,50 euros il y a un an sera difficilement trouvable à moins de 3 euros », annonce le président de la confédération.

Rendons-nous à Arcachon, à la Maison du Glacier Moulleau. « Chaque début d’année, notre fournisseur augmente ses prix d’1,9 %, explique Carmen Porée, la gérante de l’établissement. Mais en avril dernier, il les a de nouveau augmentés, cette fois de 7 % ». Mais elle n’augmentera pas plus ses prix. « J’avais déjà augmenté de 10 centimes la boule simple, et de 20 centimes la double. Je ne peux pas faire plus ».

… Mais pas partout

Chez d’autres glaciers, on ne veut pas toucher au porte-monnaie des vacanciers. C’est notamment le cas aux Glaces Bargeton, à Saint-Jean-de-Luz. Mathieu Bargeton, son gérant, assure ne pas avoir augmenté ses prix. « Nous restons sur une boule à 3 euros, 5 euros les deux, 7 euros les trois ». Ce commerçant parvient à limiter les effets de l’inflation. « Nous fabriquons nos glaces sur place avec des produits bruts que nous transformons nous-même, donc nous échappons à certaines hausses », explique le glacier. « Mais nous attendons la fin de la saison pour faire le bilan comptable, et je n’exclus pas qu’on soit obligés d’ajuster les prix », reconnaît-il.

Du côté des grandes surfaces, les prix devraient augmenter en moyenne de 5 %, selon le baromètre IRI. Avec des différences selon les marques, car tous les fournisseurs n’augmentent pas leur grille tarifaire. « Nous savons que le pouvoir d’achat des Français est à la baisse, et nous ne voulons pas qu’ils se privent d’acheter de la glace à cause de son prix trop élevé », affirme Christophe Barbier, président de la Fabrique du Sud.