Trafic aérien : En 20 ans, Airbus estime que le nombre d’avions dans le monde devrait doubler

PREVISIONS Selon Airbus, la flotte mondiale devrait être de 46.930 appareils en 2041, contre 22.880 en 2020

20 Minutes avec AFP
Un avion Airbus A330-300.
Un avion Airbus A330-300. — UPI/Newscom/SIPA

Le ciel va connaître des embouteillages. Le nombre d’avions dans le monde devrait doubler au cours des 20 ans à venir sous l’effet de la croissance du trafic aérien mondial mais aussi de la nécessité pour les compagnies de remplacer leurs appareils par des avions plus économes, selon Airbus.

Le besoin est évalué à 39.490 avions passagers et cargo neufs d’ici 2041, portant la flotte mondiale à 46.930 appareils, contre 22.880 en 2020, a estimé lundi l’avionneur européen dans ses prévisions de marché à quelques jours du salon aéronautique de Farnborough au Royaume-Uni.

Fin de l’impact du Covid-19 au plus tard en 2025

Cette estimation est conforme à la précédente (39.020 avions neufs) à laquelle s’était livré Airbus en novembre 2021. L’avionneur européen a toutefois légèrement revu à la baisse, de 3,9 à 3,6 %, la croissance annuelle moyenne du trafic. Elle est plus conservatrice que celle du rival Boeing, qui prévoit un besoin de 43.610 nouvelles livraisons. Le géant américain doit publier dimanche ses prévisions actualisées.

Malgré l’effondrement du trafic aérien mondial, qui ne devrait retrouver son niveau de 2019 qu’entre 2023 et 2025, la pandémie de Covid-19 n’aura donc pas d’impact à long terme sur le besoin d’avions neufs. Si 60 % des futures livraisons doivent servir à faire face à l’augmentation du trafic (24.000 appareils), 40 %, soit 15.400, sont destinées au remplacement d’avions actuellement en service par des avions consommant moins de carburant.

« Zéro émission nette » de CO2 à l’horizon 2050

Les appareils les plus récents permettent de gagner 15 à 20 % de consommation de kérosène, et donc autant d’émissions de CO2 en moins, par rapport à la génération précédente. Un argument de poids pour le secteur aérien, sous pression pour réduire son empreinte environnementale et qui s’est engagé à l’horizon 2050 à « zéro émission nette » de CO2.

Les principales zones de croissance attendues sont l’Asie-Pacifique, qui devrait concentrer 23 % des livraisons d’avions neufs, devant la Chine (21 %), l’Europe (21 %) et l’Amérique du Nord (18 %).

Quelque 80 % du besoin d’avions neufs concernent des avions monocouloirs (type A320 ou Boeing 737), 20 % des long-courriers (A330, A350, B787, B777). Le besoin d’avions-cargos devrait lui être de 2.440 appareils, soit 900 de plus qu’actuellement porté notamment par le développement du commerce en ligne.

L’ampleur du besoin justifie selon Airbus son intention de porter en 2025 à 75 appareils mensuels sa production d’appareils de la famille A320 contre un peu plus de 45 actuellement. Le carnet de commandes d’Airbus s’établissait fin juin à 7.046 appareils, dont 5.829 de la famille A320, lui assurant de nombreuses années de production.