Inflation : Le Cercle des économistes favorable au ciblage des aides au pouvoir d’achat

FINANCES La Première ministre Elisabeth Borne a confirmé samedi que le « travail était en cours » pour resserrer à terme le périmètre des bénéficiaires

20 Minutes avec AFP
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La Première ministre, Elisabeth Born, aux Rencontres économiques d'Aix-en-Provence
La Première ministre, Elisabeth Born, aux Rencontres économiques d'Aix-en-Provence — CHRISTOPHE SIMON / AFP

Regrouper les mesures de soutien au pouvoir d’achat en un chèque unique et les réserver aux revenus allant jusqu’à 1,2 Smic : le Cercle des économistes a dévoilé dimanche ses propositions pour amortir l’inflation, en clôture des 22e Rencontres économiques d’Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône). « Les douze prochains mois seront décisifs pour limiter toute tension économique et sociale », estiment les organisateurs des Rencontres dans leur déclaration finale.

« Pour maintenir le pouvoir d’achat des classes moyennes et populaires (…) il serait judicieux de regrouper les dispositifs de soutien » au pouvoir d'achat en « un chèque unique destiné aux ménages qui en ont le plus besoin », et d’une durée maximale de douze mois pour éviter d’alimenter l’inflation, poursuit la trentaine d’économistes membres du Cercle. Ces derniers proposent d’allouer ce chèque aux personnes dont les revenus vont jusqu’à 1,2 Smic, soit un peu plus de 1.560 euros nets mensuels.

Un travail « en cours » pour resserrer le périmètre des bénéficiaires

Si le gouvernement n’a pas été aussi précis sur le degré de ciblage des aides, la Première ministre Elisabeth Borne a confirmé samedi que le « travail était en cours » pour resserrer à terme le périmètre des bénéficiaires. Le Cercle des économistes s’est en revanche distingué de l’exécutif en soutenant l’idée d’une taxe de 25 % sur les « surprofits liés à la conjoncture » que certaines entreprises réaliseraient, notamment dans le secteur énergétique.

Cette mesure « exceptionnelle » contribuerait au financement des dispositifs de soutien au pouvoir d’achat, « à la manière du Royaume-Uni et de l’Italie », ajoutent les économistes. A court terme, le Cercle plaide aussi pour une « baisse significative des impôts de production » sur les entreprises. Le gouvernement s’est engagé à supprimer l’un d’entre eux, la Cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE), dès 2023.

Sont aussi préconisées une réforme des politiques publiques centrée sur « la culture du résultat » et « l’intégration d’un maximum de personnes en âge de travailler sur le marché de l’emploi », en particulier les jeunes et les seniors. A plus longue échéance, le Cercle des économistes demande des « investissements massifs » de 100 milliards d’euros « dans les domaines de l’éducation, de la recherche, de l’innovation et de la transition écologique ». Autant d’investissements qui doivent in fine « contribuer à la croissance de long terme » et, en référence au thème des Rencontres d’Aix 2022, « nous permettre de réussir les transformations du monde », lit-on encore dans la déclaration finale.