Alsace : Weleda va supprimer 127 postes en France, surtout dans le Haut-Rhin

HOMEOPATHIE Le groupe suisse connaît des difficultés depuis le déremboursement de l’homéopathie par la Sécurité sociale. Une centaine de postes sont menacés à Huningue, en Alsace

T.G. avec AFP
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L'entrée de l'usine Weleda, à Huningue.
L'entrée de l'usine Weleda, à Huningue. — Capture d'écran Google Street View
  • Weleda va moins bien depuis le déremboursement de l’homéopathie en France.
  • Le groupe suisse a annoncé sa volonté de supprimer 127 postes en France, surtout à Huningue en Alsace.
  • « On ne s’y attendait pas du tout, on nous disait toujours que la cosmétique pouvait compenser les pertes. Un expert-comptable mandaté par le CSE nous avait dit que le groupe avait un très bon bas de laine. C’est encore les salariés qui vont trinquer », déplore Laurence Saturni, déléguée CFTC.

Mauvaise nouvelle pour l’emploi. Confronté a des difficultés depuis le déremboursement de l'homéopathie par la Sécurité sociale, le groupe suisse pharmaceutique Weleda a annoncé sa volonté de supprimer 127 postes en France. Ce plan devrait principalement toucher l’usine de Huningue, dans le Haut-Rhin.

« Il est aujourd’hui essentiel de repenser notre modèle opérationnel afin d’endiguer nos pertes et ainsi de pouvoir continuer à être une entreprise pionnière et innovante sur le marché de la santé, du soin et de la beauté naturelle et bio », a indiqué dans un communiqué publié lundi, Ludovic Rassat, président du directoire de Weleda France.

« C’est encore les salariés qui vont trinquer »

Selon le quotidien régional Les Dernières Nouvelles d'Alsace, le chiffre d’affaires de Weleda France, qui s’élevait à 95 millions d’euros en 2019, a reculé de 36 % depuis cette date, gangrené par la fin du remboursement des produits homéopathiques effectif en janvier 2021. Le groupe prévoit la « cessation des activités de production sur le site de Huningue », où une centaine d’emplois sont en jeu sur les 325 dénombrés par les organisations syndicales.

Face au projet de la direction qui relève une « accélération » des « difficultés économiques », Laurence Saturni, déléguée CFTC, a dénoncé « un coup de massue ». « On ne s’y attendait pas du tout, on nous disait toujours que la cosmétique pouvait compenser les pertes. Un expert-comptable mandaté par le CSE nous avait dit que le groupe avait un très bon bas de laine. C’est encore les salariés qui vont trinquer », déplore-t-elle.

La boutique parisienne va fermer ses portes

« Notre espace de vente à Paris, avenue Franklin Roosevelt, va fermer alors que des centaines de milliers d’euros y ont été investies, la flotte d’une vingtaine de visiteurs médicaux sera supprimée », détaille encore Mme Saturni, rattachée au site alsacien de la multinationale basée en Suisse et qui emploie 2.500 personnes dans le monde.

Les premiers départs de Huningue, où l’entreprise est installée depuis 1924, devraient avoir lieu en janvier. La production pharmaceutique sera rapatriée en Allemagne, sur le site Schwäbisch Gmünd, situé à une cinquantaine de kilomètres à l’est de Stuttgart, selon Mme Saturni. Sur son marché français, le groupe a indiqué vouloir désormais développer son activité d’automédication, après s’être lancé en 2018 sur le segment des compléments alimentaires.