Produits alimentaires : Bercy renonce au retour des promotions à 50 % malgré l’inflation

CONSOMMATION Les promotions resteront limitées à 34 % dans le secteur alimentaire

20 Minutes avec agences
— 
Cette proposition d'augmenter les promotions jusqu'à -50% émanait du ministre de l'Economie, Bruno Le maire. Illustration.
Cette proposition d'augmenter les promotions jusqu'à -50% émanait du ministre de l'Economie, Bruno Le maire. Illustration. — A. Gelebart / 20 Minutes

Non, les Français n’auront pas droit à des promotions à 50 % sur les produits alimentaires. Le gouvernement a renoncé à cette mesure, a appris ce mardi une journaliste de l’AFP auprès de Bercy. Une satisfaction pour les représentants des agriculteurs qui s’étaient vivement opposés à cette suggestion du ministre de l’Economie Bruno Le Maire.

Après avoir reçu la présidente de la FNSEA, Christiane Lambert, et Arnaud Gaillot, président des Jeunes agriculteurs (JA), le ministre s’est ainsi engagé « à ne pas mettre en œuvre cette proposition, qui n’était encore qu’une suggestion, à l’issue de la mission confiée à l'Inspection générale des finances (IGF) » sur la formation des prix alimentaires, explique-t-on au ministère de l’Economie.

34 % maximum

Actuellement, les distributeurs de produits alimentaires ne peuvent proposer des promotions qu’à hauteur de 34 %, une règle censée protéger la rémunération des producteurs. Ce lundi, le ministre de l’Economie Bruno Le Maire avait annoncé le lancement d’une enquête de l’IGF pour vérifier la formation des prix des produits alimentaires en cette période d'inflation, notamment après que le président du comité stratégique des centres E. Leclerc, Michel-Edouard Leclerc, avait jugé « suspectes » certaines hausses de prix demandées par les industriels.

En parallèle, La France insoumise et le Rassemblement national avaient demandé la création d’une commission d’enquête parlementaire. S’il s’avère que les dispositifs actuels ne profitent pas aux producteurs, « il faudra réfléchir à la possibilité de les modifier », avait indiqué lundi Bruno Le Maire sur France Inter, suggérant par exemple des promotions à 50 %, au lieu des 34 % autorisés.

Ne pas « attiser les angoisses » dans le monde agricole

Cette piste de réflexion a suscité une levée de boucliers dans le secteur agricole, Christiane Lambert ayant répondu que ce n’était « pas la bonne réponse ». « Cela reviendrait à renforcer la pression sur les entreprises et les agriculteurs, qui sont déjà étranglés par les hausses de leurs coûts de production », s’inquiétait aussi l’Ania, principale organisation de l’agroalimentaire.

Le ministre a « entendu » et « compris les inquiétudes » des agriculteurs sur les conséquences éventuelles d’une telle mesure sur la juste rémunération des producteurs, explique-t-on à Bercy, où l’on juge inutile « d’attiser les angoisses » dans le monde agricole.

Dans un communiqué, le syndicat majoritaire FNSEA et les JA se sont félicités d’une « clarification de la position du ministre » : « il était capital d’envoyer un message clair de soutien aux agriculteurs et aux entreprises ». « Il était également important d’adresser ce message à certains acteurs de la distribution qui n’ont de cesse de vouloir détricoter les EGAlim (la loi alimentation votée en 2018, N.D.L.R.) à leur seul profit », commentent-ils.

Une mission pour examiner la fixation des prix

L’entourage du ministre précise toutefois qu’il continue d’avoir à cœur de concilier prix bas pour les consommateurs et juste rémunération des producteurs en ces temps d’inflation. La mission de l’IGF sera donc bien lancée pour examiner la fixation des prix d’un ensemble de produits du quotidien. La FNSEA et les JA « soutiennent pleinement cette mission », et « proposeront qu’un représentant de la profession participe à ces travaux ».

Bercy rappelle qu’un guichet unique est ouvert depuis ce mardi auprès de la DGCCRF, où les acteurs de l’alimentaire peuvent faire remonter des signalements sur les prix des produits.