Pétrole : Le baril passe sous les 100 dollars, les marchés craignent une récession de la zone euro

ENERGIE Le baril de pétrole a chuté de près de 10 % en une seule journée, passant sous la barre symbolique des 100 dollars

D.Bd avec AFP
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Exctracteur de pétrole dans le désert de Sakhir, à Bahreïn.
Exctracteur de pétrole dans le désert de Sakhir, à Bahreïn. — Hasan Jamali/AP/SIPA

La crainte d’une récession. Les cours du pétrole ont plongé ce mardi. En cause : les craintes d’une récession dans les pays consommateurs de brut. A la clôture des marchés européens, le baril de Brent de la mer du Nord dégringolait de 9,05 % à 103,23 dollars. Le baril américain chutait quant à lui de 8,48 % à 99,24 dollars, glissant sous les 100 dollars le baril. Cela faisait deux mois qu’il se vendait au-dessus de ce prix symbolique.

« Les craintes de récession réduisent les perspectives de la demande de pétrole et font baisser les prix », explique Ipek Ozkardeskaya, analyste pour Swissquote. Le pétrole ayant franchi cet important « seuil psychologique », l’analyste évoque la possibilité d’une baisse des cours jusqu’à un prochain niveau fatidique, celui des 85 dollars le baril.

La récession se profile dans la zone euro

Dans un scénario de récession, les analystes de Citi évoquent même des prix du pétrole qui tomberaient à 65 dollars le baril d’ici à la fin de l’année, puis à 45 dollars en l’absence d’intervention de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole.

Le marché pétrolier « se détourne de l’inflation » et se dirige vers le « désespoir économique », affirme Stephen Innes, analyste chez Spi Asset Management. Des « indices PMI soulignent les risques de récession dans la zone euro », fait valoir Neil Wilson, analyste chez Markets.com, pour qui « la récession semble inévitable ». La croissance de l’activité économique en zone euro a fortement ralenti en juin dans le secteur privé, au plus bas depuis seize mois, selon l’indice PMI composite final publié mardi par S & P Global.

Les métaux également à la baisse

Les craintes d’une récession mondiale continuent également de prédominer sur les marchés des métaux industriels, notamment le cuivre. Le métal rouge est très sensible à un potentiel ralentissement de l’activité économique mondiale, servant de baromètre de l’économie.

Le LME Index, un indice qui intègre les prix de l’aluminium, du cuivre, du plomb, du nickel, de l’étain et du zinc échangés sur la Bourse des métaux de Londres, perd plus de 15 % depuis le début de l’année.