Deezer s'écroule de 35% pour son premier jour à la Bourse de Paris

DEBUTS DIFFICILES Le titre chutait de 35,06 % à 5,52 euros à 10h52, contre 8,50 euros pour son cours d’ouverture

20 Minutes avec AFP
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La plateforme de streaming musical française s'est écroule pour ses premiers pas à la Bourse de Paris ce mardi. (PHOTO D'ILLUSTRATION)
La plateforme de streaming musical française s'est écroule pour ses premiers pas à la Bourse de Paris ce mardi. (PHOTO D'ILLUSTRATION) — ISA HARSIN/SIPA

La plateforme française avait déjà fait les frais d’une tentative avortée, il y a sept ans. Deezer a fait des premiers pas chaotiques mardi matin à la Bourse de Paris, malgré des conditions jugées plus favorables pour les acteurs du streaming musical, un marché en plein boom.

L’action de la plateforme française de streaming musical Deezer ne parvenait pas à arrêter sa chute mardi matin pour son introduction à la Bourse de Paris et perdait 35 % deux heures après le début de sa cotation. Le titre chutait de 35,06 % à 5,52 euros à 10h52, contre 8,50 euros pour son cours d’ouverture, dans un marché en baisse de 1,12 %.

« Les entreprises européennes sont les meilleures »

Le concurrent français du groupe suédois Spotify a fait ses débuts mardi à la Bourse de Paris, quelques minutes après que son patron a sonné la cloche ouvrant le marché, au côté du ministre de l’Economie Bruno Le Maire.

« Vous devez croître, conquérir de nouveaux marchés, comme le marché américain », a déclaré le ministre. « Je n’accepte pas de voir toutes les entreprises américaines venir en Europe, sans voir les entreprises européennes aller aux Etats-Unis pour expliquer à nos amis américains que les entreprises européennes sont les meilleures », a ajouté Bruno Le Maire.

« C’est le bon moment »

Quelques jours plus tôt, Jeronimo Folgueira, directeur général de Deezer depuis juillet 2021, avait souligné que pour cette « deuxième tentative » boursière, « la situation est différente de ce qu’elle était en 2015 ». « Le streaming musical est vraiment établi, il représente presque deux tiers des revenus de la musique enregistrée, ce qui n’était pas le cas avant », avait-il expliqué.

« L’état dans lequel se trouve l’entreprise est aujourd’hui bien meilleur qu’il y a sept ans. L’entreprise a changé, le marché a changé : c’est le bon moment pour franchir cette étape et devenir une société cotée », avait-il complété, tout en reconnaissant que le contexte est « difficile en ce moment » pour les valeurs technologiques sur les marchés financiers.

Entrée via un véhicule d’investissement

Pour réussir cette fois-ci, les principaux actionnaires de Deezer – notamment le milliardaire anglo-américain Len Blavatnik qui détient 43 % des parts – ont choisi un système d’introduction moins risqué, via un Spac, un véhicule d’investissement.

Le Spac I2PO, fondé par la famille du milliardaire français François Pinault, l’homme d’affaires français Matthieu Pigasse et l’ancienne dirigeante de WarnerMedia, Iris Knobloch, elle aussi présente mardi chez Euronext, a levé des fonds en Bourse pour faciliter la cotation de Deezer et a déjà récolté 143 millions d’euros.

2 % du marché mondial

Lancé en 2007, le service français d’écoute musicale par abonnement revendique près de 30 % du marché en France, mais ses 9,6 millions d’abonnés ne pèsent que 2 % du marché mondial du streaming musical, loin derrière le leader Spotify (31 % de parts de marché), Apple, Amazon et Tencent, selon le cabinet MIDiA.

La stratégie de Deezer, qui veut plus que doubler ses revenus d’ici à 2025, est de miser sur la musique, son univers et sa technologie, contrairement à Spotify qui multiplie les lancements de podcasts ou Amazon qui se concentre sur les livres audios. Pour profiter de la croissance rapide du marché mondial du streaming (+26,4 % d’utilisateurs en un an au second semestre 2021), Deezer compte surtout s’allier avec des acteurs déjà implantés dans plusieurs marchés clés pour s’appuyer sur des bases de clients déjà existantes : les opérateurs Orange en France et Tim au Brésil, ou encore le groupe RTL en Allemagne.