Bordeaux : Clément Fayat, géant du BTP, est décédé

DISPARITION Fondateur du quatrième groupe de BTP en France, le Bordelais Clément Fayat est décédé à l’âge de 90 ans

20 Minutes avec AFP
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Clément Fayat
Clément Fayat — DERRICK CEYRAC / AFP

Clément Fayat, fondateur du groupe de BTP bordelais du même nom, le quatrième du secteur en France, est décédé dimanche à l’âge de 90 ans, a-t-on appris lundi auprès de la direction, qui a salué un « entrepreneur visionnaire » et un « travailleur infatigable ».

L’entrepreneur natif de Corrèze, qui avait quitté la présidence du groupe en 2013 pour raisons de santé, avait fondé sa première entreprise de terrassement à Libourne (Gironde) en 1957, après avoir débuté à l’âge de 15 ans comme simple apprenti maçon, sur les traces de son père.

Un groupe qui emploie 21.000 personnes

En plus d’un demi-siècle, l’entrepreneur a patiemment hissé son entreprise au quatrième rang des groupes français de BTP. L’empire Fayat pèse aujourd’hui 4,6 milliards d’euros de chiffre d’affaires (2021) et emploie 21.000 personnes au sein de 231 filiales et sociétés présentes dans 170 pays. Il se présente aussi comme le « premier groupe français indépendant de la construction » et le « leader mondial en matériel routier ».

Au cours des trente dernières années, la liste est devenue longue des entreprises rachetées par le groupe, dont le siège est à Bordeaux. Parmi elles, Genest (1994), Bec Frères (2002), Razel (2008), Cari (2010) en France, Marini (1985) en Italie, Bomag (2004) en Allemagne. Ces acquisitions ont ouvert à ce discret, mais habile négociateur, d’importants marchés à l’international, notamment en Afrique, aux Etats-Unis et en Chine. Dans cette réussite industrielle, une ombre au tableau : la liquidation en 2011, sept mois à peine après son rachat, de l’entreprise centenaire Richard Ducros, basée à Alès (Gard).

Propriétaire des châteaux La Dominique et Clément-Pichon

Moins connu du grand public que ses principaux concurrents Vinci, Bouygues ou Eiffage, et pourtant associé à des constructions prestigieuses comme l’Opéra Bastille ou le Musée d’Orsay, le groupe a bénéficié, comme eux, du développement des partenariats public privé (PPP). A son départ des affaires en 2013, il a laissé les rênes à ses fils Jean-Claude et Laurent, respectivement président et directeur général.

Outre le travail, ce Girondin d’adoption aimait aussi le vin. Dès 1969, il avait acquis le Château La Dominique, dans le vignoble de Saint-Emilion, dont un chai a été dessiné par l’architecte Jean Nouvel.

Depuis sa retraite, Clément Fayat, membre du club fermé des milliardaires français, s’était retiré dans le Médoc. Egalement propriétaire du château Clément-Pichon, dans le Haut-Médoc et de Château Fayat (Pomerol), il avait réuni l’activité viti-vinicole du groupe au sein des Vignobles Clément Fayat.