Bouches-du-Rhône : Un projet d’usine à Fos-sur-Mer veut verdir l’acier

INDUSTRIE Le consortium vise une construction en 2024 pour un démarrage de production en 2027, avec plus de 3.000 emplois directs et indirects à la clé

20 Minutes avec AFP
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Illustration du complexe industriel sur le golfe de Fos-sur-Mer.
Illustration du complexe industriel sur le golfe de Fos-sur-Mer. — FOURMY MARIO/SIPA
  • Un projet d’usine de production d’acier à faible émission a été annoncé.
  • Sa construction devrait commencer en 2024 à Fos-sur-Mer, pour une mise en service en 2027.
  • Elle permettrait de créer 3.000 emplois directs et indirects.

Un projet d’usine de production de fer et d’acier décarbonés, implantée à Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône), a été annoncé jeudi par un consortium constitué par l’incubateur européen EIT InnoEnergy, avec notamment Engie et Forvia. « Entreprise sidérurgique durable », la société, baptisée GravitHy, vise une construction en 2024 pour un démarrage de production en 2027, avec plus de 3.000 emplois directs et indirects à la clé.

Produite grâce à de l’hydrogène bas carbone

Pour cela, 2,2 milliards d’euros d’investissement global seront nécessaires, à lever en partie via une ouverture du capital et de l’emprunt bancaire. L’idée est de produire du fer de réduction directe (DRI), utilisé soit sur place pour faire de l’acier « vert » soit commercialisé au niveau mondial. Elle sera produite grâce à de l’hydrogène bas carbone au lieu du process à base de coke. Cet hydrogène sera « dans un premier temps » issu de la production électrique française, peu carbonée du fait de sa forte part de nucléaire. A terme il est prévu de la « substituer au maximum par des énergies renouvelables », précise Karine Vernier, directrice générale d’EIT InnoEnergy France et présidente du consortium, qui se veut précurseur.

L’acier représente aujourd’hui 8 % de la demande mondiale d’énergie

Selon elle, le surcoût de ce métal « vert » par rapport au « gris » sera tout à fait « absorbable par le marché. Et même, avec les prix actuels de l’énergie, on sera quasiment à coût égal ». GravitHy ambitionne de produire deux millions de tonnes de DRI par an. Dans l’acier « vert », l’Europe recense déjà deux initiatives, en Suède, qui vont jusqu’à la production d’acier. Mais aucune n’offre la matière au stade précédent, à destination des aciéristes, souligne Karine Vernier. Le secteur de l’acier représente aujourd’hui 8 % de la demande mondiale d’énergie et 7 % des émissions annuelles de CO2 du secteur de l’énergie. Selon ses initiateurs, cette première usine de GravitHy permettrait d’éviter jusqu’à 4 millions de tonnes de CO2, soit 5 % des émissions 2019 de l’industrie.