Le stress se porte très bien

Delphine Bancaud

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Le stress est devenu un fléau national. Selon le sondage réalisé par l'Agence

nationale pour l'amélioration des conditions de travail (Anact), rendu public hier, quatre salariés sur dix se disent stressés et 60 % d'entre eux attribuent cet état exclusivement à leur vie professionnelle. Pour la majorité, la crise est un facteur aggravant de ce phénomène galopant. « Personne n'y échappe, toutes les catégories de salariés sont concernées », explique Jean-Baptiste Obéniche, directeur général de l'Anact.

Parmi les plus touchés, les cadres, qui sont 57 % à se déclarer stressés, notamment en raison d'une charge de travail trop importante. Autres victimes : « Les femmes, qui doivent assumer une double journée, au travail et chez elles », précise Jean-Baptiste Obéniche. C'est dans les grands groupes que les salariés sont les plus affectés par ce mal.

Cette souffrance au travail a souvent des répercussions sur la vie privée des salariés car elle entraîne de nombreux troubles physiques et psychologiques : une fatigue importante (pour 60 % des sondés se déclarant stressés), des tensions musculaires (45 %), des troubles du sommeil (44 %), des difficultés à ne plus penser au travail une fois à la maison (42 %), de l'anxiété (42 %)... « Et le cumul de ces symptômes peut conduire à des pathologies graves », souligne Jean-Baptiste Obéniche. Plus inquiétant encore : la majorité des salariés stressés semblent sous-estimer la gravité de leur état. Car 91 % déclarent essayer de « s'adapter au mieux à la situation » et 76 %, se ressourcer dans des activités personnelles. Des remèdes peu efficaces qui témoignent bien de leur impuissance. W