Finances publiques : Oui, Thierry Breton a bien fait diminuer la dette en 2007

FAKE OFF L’actuel Commissaire européen au marché intérieur a bénéficié de l’argent de la privatisation des autoroutes, entre autres

Maïwenn Furic
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Thierry Breton estime qu'il est temps de diminuer la dette de la France, notamment pour les futures générations
Thierry Breton estime qu'il est temps de diminuer la dette de la France, notamment pour les futures générations — AFP
  • La dette de la France continue de se creuser après la crise sanitaire. Mais voici venu le moment de la diminuer, selon le Commissaire européen au marché intérieur, Thierry Breton.
  • D’après lui, ce n’est pas si difficile, puisqu’il y est parvenu lorsqu’il était ministre de l’Economie et des Finances, entre 2005 et 2007, a-t-il insisté sur France Info.
  • Ce que ne dit pas l’ancien locataire de Bercy, c’est qu’il a bénéficié d’importantes rentrées d’argent dues notamment à la privatisation des autoroutes.

Crise sanitaire et guerre en Ukraine n’ont pas fait le bonheur de l’économie française. La dette s’est creusée, et il est maintenant l’heure de remonter la pente. C’est en tout cas ce que le Commissaire européen au marché intérieur, Thierry Breton, estime, mettant en avant sa volonté de ne pas « empêcher les générations à venir de faire ce qu’elles ont à faire ».

L’objectif : « revenir à une normalité. » Et selon lui, ce n’est pas si compliqué que ça. « On a réussi à le faire quand j’étais ministre des Finances. Pardon de le dire, oui j’ai baissé la dette. On peut le faire, ça n’a pas non plus été hyperdouloureux », a-t-il déclaré à l’antenne de France Info.


Celui qui était locataire de Bercy entre 2005 et 2007 s’est également félicité de l’avoir fait sans austérité. C’est-à-dire sans avoir recours à une politique budgétaire restrictive où les recettes fiscales augmentent tandis que les dépenses publiques sont limitées. Dans ce cas-là, plusieurs leviers peuvent être utilisés : la hausse des taux d’intérêt, le blocage des salaires, l’augmentation des impôts et/ou des cotisations sociales, la diminution des dépenses publiques. C’est bien en cela que le redressement de l’économie fait actuellement peur à de nombreux Français, qui pensent que c’est le contribuable qui va devoir payer.

Thierry Breton dit-il vrai sur sa gestion de l’économie du pays il y a une quinzaine d’années ? 20 Minutes fait le point.

FAKE OFF

Effectivement, lors du passage de Thierry Breton à l’Economie et aux Finances, la dette a bel et bien diminué. L’année 2006 est d’ailleurs à l’époque la première où une diminution de la dette de l’Etat est constatée depuis dix ans. Et entre 2006 et 2007, les chiffres publiés par l'Insee indiquent un passage de la dette de 67,3 à 64,5 % du PIB. Ce taux d’endettement restait tout de même de près de quatre points supérieur au seuil limite fixé à 60 % par le Pacte de stabilité européen.

Cette diminution de la dette vient en parallèle du plan de Thierry Breton annoncé en mai 2006. Concrètement, il a d’abord restructuré le fonctionnement de l’agence France Trésor – service chargé de gérer la dette et la trésorerie de l’Etat. Cette dernière avait pris l’habitude de terminer l’année avec un matelas de trésorerie compris entre 30 et 40 milliards d’euros. En réorganisant ce service, afin de lui permettre de gérer en temps réel ses entrées et ses sorties de capitaux, cela a permis quelques économies.

Mais ce que n’a pas mentionné non plus Thierry Breton au micro de France Info, c’est qu’il a bénéficié d’importantes rentrées d’argent. L’ancien ministre peut notamment dire merci et la vente des titres Alstom et ADP cette année-là, mais aussi et surtout à la privatisation des autoroutes Les groupes Vinci, Eiffage et Abertis se partagent alors le réseau français en rachetant les parts de l’Etat pour 15 milliards d’euros, et débarrassent l’Etat des 20 milliards d’euros de dettes que portaient ces sociétés d’autoroute.

Si cette manœuvre a bien fait diminuer la dette à l’époque, elle est depuis critiquée. Certains la qualifient « d’erreur politique ». D’autres estiment que l’Etat aurait fait plus de profits en poursuivant son exploitation du réseau routier.