Pouvoir d'achat : Augmentation des APL, prime Macron… Les coups de pouce contre l'inflation

POUVOIR D'ACHAT Le gouvernement distille, au compte-gouttes et depuis quelques semaines, des mesures pour lutter contre l’inflation

20 Minutes avec AFP
— 
Le pouvoir d'achat des ménages, au coeur du débat politique des dernières semaines.
Le pouvoir d'achat des ménages, au coeur du débat politique des dernières semaines. — Fred Dufour AFP
  • Après plus de deux ans de Covid-19 et des mois de guerre en Ukraine, le pouvoir d’achat des Français en a pris un coup. En septembre, l’inflation pourrait même atteindre les 7 %.
  • Pour répondre à la hausse des prix, le gouvernement a donc dégainé une kyrielle de mesures. Certaines ont d’ores et déjà été dévoilées, d’autres seront présentées dans le projet de loi « pouvoir d’achat » en juillet prochain.
  • Aide au pouvoir d’achat, plafonnement des loyers… 20 Minutes fait le tour des coups de pouce de l’Etat pour améliorer le niveau de vie des ménages en France.

Elle court, elle court, inflation… Selon les derniers chiffres de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), elle devrait atteindre les 7 % en septembre. Et pour faire face à l’inévitable hausse des prix, le gouvernement Borne présentera le 6 juillet prochain un projet de loi pour améliorer le pouvoir d’achat des Français. Plafonnement des loyers, « bouclier tarifaire », prime Macron ou redevance télé supprimée… 20 Minutes fait l’inventaire des mesures dévoilées par le gouvernement pour aider les ménages à faire face à l’inflation.

Du côté des énergies

Le gouvernement a décidé de prolonger au moins jusqu’à fin août la remise carburant de 18 centimes (en métropole continentale), instaurée depuis le 1er avril. Quelque 3 milliards d’euros étaient budgétés pour la période d’avril à juin, qu’il faudra donc compléter dans la loi de finances rectificative.

Par ailleurs, la prolongation jusqu’à la fin de l’année du « bouclier tarifaire » (plafonnement des prix de l’électricité et du gaz) est actée, pour un coût évalué à plus de 14 milliards d’euros sur l’année 2022, selon une estimation de Bercy en mars dernier. Un montant qui peut évoluer en fonction des variations du cours du gaz.

Enfin, le plafond de la prime de transport individuel défiscalisée que l’employeur peut verser au salarié passera de 200 à 400 euros pour 2022 et 2023, et sera cumulable avec la prise en charge obligatoire de 50 % de l’abonnement aux transports en commun.

Plus 4 % pour les retraites de base et autres prestations sociales

Les pensions de retraite et d’invalidité des régimes de base vont être revalorisées de 4 % à compter du 1er juillet. Cette hausse, cumulée à celle d’un peu plus de 1 % intervenue en janvier, se rapproche du niveau de l’inflation, qui a atteint 5,2 % en mai. Les prestations familiales et minima sociaux, à savoir le revenu de solidarité active (RSA), l’allocation aux adultes handicapés (AAH) et l’allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa) vont également être revalorisées de 4 %.

Parallèlement, le gouvernement entend revaloriser les aides personnalisées au logement, afin d’accompagner les locataires qui en ont le plus besoin. Ces APL devraient être revalorisées dès le 1er juillet, de 3,5 % également, ce qui, pour le budget de l’État, représenterait une dépense supplémentaire de 168 millions d’euros, selon les mêmes sources.

Et la prime Macron ?

Le plafond de la prime exceptionnelle de pouvoir d'achat défiscalisée et désocialisée, dite prime Macron, doit être triplé. Les entreprises pourront donc verser jusqu’à 3.000 euros à leurs salariés, et même jusqu’à 6.000 euros pour celles ayant mis en place un dispositif d’intéressement ou de participation. A noter que le niveau moyen versé par salarié n’était en 2021 que de 506 euros, contre 1.000 autorisés, selon le ministère des Comptes publics.

Le plafonnement des loyers

Dernière mesure en date : Le « bouclier loyer ». Ce lundi, le gouvernement a annoncé un plafonnement de la hausse des loyers à 3,5 % maximum, pendant un an, pour limiter l’impact de l’inflation sur les locataires, a-t-on appris dimanche de sources ministérielles. « Les loyers seront gelés. On ne pourra pas dépasser les +3,5 %, alors que si on regarde les niveaux d’inflation, on pourrait avoir du +4, du +5, du +6 % », a ainsi déclaré Bruno Le Maire. « Il faut protéger nos compatriotes qui sont les plus fragiles », a ajouté le ministre, soulignant que ces 3,5 % étaient un « compromis » et que le gouvernement avait tenu compte des « intérêts de chacun ».

Le salaire des fonctionnaires

Le salaire des 5,7 millions d’agents publics va être revalorisé de 3,5 % dès le 1er juillet, a annoncé ce mardi le ministère de la Fonction publique. Ces 3,5 %, qui constituent selon le ministère la plus forte hausse en pourcentage depuis 37 ans, « s’additionnent » à l’augmentation moyenne d’1,5 % constatée chaque année sur les traitements des fonctionnaires et contractuels. Ils représentent, de même source, un coût total de 7,5 milliards d’euros réparti entre l’Etat et les collectivités.


La revalorisation de la prime d'activité

Tout comme les pensions et les minima sociaux, la prime d’activité va bénéficier d’un coup de pouce. Selon une source gouvernementale, cette aide versée aux travailleurs les plus précaires va être augmentée de 4 % « cet été avec effet rétroactif au 1er juillet ». Une hausse qui correspond à l’anticipation de l’inflation projetée sur 2022, révèle le journal Les Echos.

La redevance télé supprimée

La suppression de la redevance audiovisuelle sera finalement effective dès l’automne prochain, avec un gain pour les ménages de 138 euros, soit un manque à gagner de plus de 3 milliards d’euros que l’Etat promet de compenser auprès des diffuseurs publics.

Et pour les étudiants ?

La Première ministre Elisabeth Borne a demandé à son gouvernement de plancher sur des mesures à destination des étudiants. Une prolongation du ticket-restaurant universitaire à 1 euro est dans les tuyaux.

Le retour du chèque alimentaire

Selon le quotidien Les Echos, un chèque alimentaire de 100 euros, plus 50 euros par enfant à charge, devrait être versé à neuf millions de foyers, pour un coût global d’un milliard d’euros. Seraient concernés les allocataires du RSA, de l’AAH, du minimum vieillesse et des APL. En 2020, pendant la crise du Covid-19, une prime analogue de 150 euros par adulte et 100 euros par enfant avait concerné un peu plus de quatre millions de foyers.

Cette mesure avait été annoncée par Emmanuel Macron dès décembre 2020 devant la Convention citoyenne pour le climat. « L’idée, c’est de dire que vous avez aujourd’hui près de huit millions de nos concitoyens qui ont du mal à avoir accès aux productions locales, aux productions de qualité, à nos productions françaises en réalité et donc il faut leur donner un coup de pouce pour les aider à acquérir cela », avait explicité, dimanche 17 avril, sur France 3, Julien Denormandie, ministre de l’Agriculture.