Seniors : Qu’est-ce que « l’habitat inclusif », cette nouvelle alternative à l’Ehpad ?

LOGEMENT Destinée aux personnes âgées ou handicapées, cette formule conjugue indépendance et sécurité.

Lauren Ricard pour 20 Minutes
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L'habitat inclusif permet de goûter aux joies de la vie communautaire tout en conservant son intimité et son indépendance.
L'habitat inclusif permet de goûter aux joies de la vie communautaire tout en conservant son intimité et son indépendance. — iStock/ City Presse

Alors que vos problèmes de santé vous empêchent peu à peu d’accomplir certaines tâches du quotidien et qu’un déménagement en établissement collectif semble s’imposer, vous êtes réticent à perdre votre indépendance en entrant dans une maison de retraite ?

Fort heureusement, il existe de nombreuses autres solutions, parmi lesquelles l’habitat inclusif. Celui-ci consiste en un mode d’habitat collectif assorti à un projet de vie sociale, composé de logements individuels adaptés qui vous garantissent intimité et liberté, et d’espaces communs partagés pour plus de convivialité.

À qui s’adresse l’habitat inclusif ?

L'habitat inclusif s'adresse aux personnes âgées et/ou à celles en situation de handicap
L'habitat inclusif s'adresse aux personnes âgées et/ou à celles en situation de handicap - IStock/ City Presse

Cette formule innovante est destinée aux personnes âgées mais également à celles en situation de handicap et qui font le choix de vivre ensemble. Il est donc ouvert à tous les seniors intéressés par ce mode de vie à mi-chemin entre l’individuel et le collectif, sans conditions particulières de ressources (pas besoin d’être éligible à l’allocation personnalisée d’autonomie) ni de dépendance (pas d’évaluation de la perte d’autonomie avec la grille GIR). L’entrée dans ce type d’habitat n’est donc pas conditionnée à une orientation médico-sociale mais relève uniquement du désir des individus de résider en collectivité.

Comment fonctionne-t-il ?

En moyenne, 5 à 10 personnes vivent ensemble dans ces logements en tant que locataires, colocataires ou propriétaires
En moyenne, 5 à 10 personnes vivent ensemble dans ces logements en tant que locataires, colocataires ou propriétaires - IStock/ City Presse

L’habitat inclusif prend généralement la forme d’une colocation ou d’appartements groupés au sein d’un bâtiment ordinaire situé, afin de faciliter l’inclusion sociale et d’éviter l’isolement, à proximité des commodités, commerces, services et autres transports. Ce lieu de vie peut en outre appartenir au parc privé ou social.

En moyenne, 5 à 10 personnes vivent ensemble dans ces logements en tant que locataires, colocataires ou propriétaires, sans que ce chiffre soit restrictif.
Les occupants partagent des locaux communs (par exemple jardin, toit-terrasse, salle à manger ou encore salle de sport) affectés au projet de vie sociale défini entre eux ; ils bénéficient aussi d’espaces privatifs (chambre, studio indépendant, petit appartement de type T1 ou T2, etc.), meublés ou non, qui font office de résidence principale.

Les habitants peuvent « partager » un accompagnement social ou médico-social
Les habitants peuvent « partager » un accompagnement social ou médico-social - IStock/ City Presse

S’ils le souhaitent, les habitants peuvent également mutualiser l’aide humaine dont ils ont besoin, en mettant par exemple en commun tout ou partie de leur allocation personnalisée à l’autonomie (APA) et en sollicitant ensemble un accompagnement social ou une offre de services sanitaires et médico-sociaux (auxiliaire de vie, soins infirmiers à domicile, etc).

En quoi consiste le projet de vie sociale ?

Défini, élaboré et mis en œuvre par les habitants eux-mêmes, le projet de vie sociale peut prendre de multiples formes. Il s’agit avant tout de favoriser le vivre ensemble et les activités collectives au sein de l’habitat, mais également de mieux s’intégrer à la vie du quartier en développant les liens sociaux.

Personne âgées dansant
Personne âgées dansant - IStock/ City Presse

En pratique, cela peut ainsi consister en la création d’un potager communautaire, d’événements dansants, de sorties culturelles ou encore de cours de cuisine. Un animateur salarié peut aussi être présent pour aider à la mise en place de ces activités collectives qui évoluent au fil du temps selon les envies des résidents.

Comment trouver un habitat inclusif ?

Relativement récent, ce mode d’habitat reste encore assez peu répandu... Toutefois, l’engouement pour cette vie collective plus conviviale est tel que l’offre devrait considérablement s’étoffer dans les prochaines années !

Afin de savoir si ce type de projet existe près de chez vous, renseignez-vous auprès du point d’information local dédié aux personnes âgées le plus proche (annuaire disponible sur le portail national pour les personnes âgées et leurs proches), ou adressez-vous aux bailleurs sociaux, collectivités (commune, département) et associations du secteur médico-social.

Des aides pour développer les projets

Afin d’aider à la mise en place du projet de vie sociale et partagée, l’organisme qui organise l’habitat inclusif pouvait jusqu’ici recevoir un forfait de l’Agence régionale de santé. Néanmoins, ce dispositif sera peu à peu remplacé par une nouvelle prestation spécifique, l’AVP (aide à la vie partagée), actuellement expérimentée dans 30 à 40 départements avec le soutien de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie. Son but est de favoriser le développement d’habitats inclusifs en finançant l’animation et la coordination du projet de vie sociale. Cette aide pourra être octroyée à tout résident d’un habitat inclusif dont le porteur aura passé une convention avec le département.