GM ou l'économie américaine en faillite

Angeline Benoit et Johanna Sitter

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Quatorze sites seront fermés d'ici à 2012 et 24 000 postes d'ouvriers seront supprimés.
Quatorze sites seront fermés d'ici à 2012 et 24 000 postes d'ouvriers seront supprimés. — J. WEST / SIPA

La plus grosse entreprise au monde, General Motors (GM), a déposé

hier

son bilan à New York. Détrôné de sa place de numéro un mondial de l'automobile par Toyota en janvier, le fabricant américain a échoué à redresser ses finances au 1er juin, comme l'avait exigé le président Barack Obama en mars. Le constructeur a accumulé 86 milliards de dollars de pertes depuis 2005, plombé par des coûts de production élevés et une chute de ses ventes. Pourvoyeur des marques les plus mythiques de l'histoire de l'automobile depuis un siècle (de la Cadillac au gigantesque Hummer, en passant par les Chevrolet et GMC), GM a raté le tournant du pétrole cher. Incapable d'adapter sa gamme à temps, il a été pris de vitesse par le japonais et ses petits modèles économes.

Le géant de Détroit ne va pas disparaître pour autant. Il a 60 à 90 jours pour présenter une réduction de voilure draconienne et trouver un accord avec ses créanciers pour éponger sa montagne de dettes. Les gouvernements américain et canadien ont accepté de prendre temporairement les trois quarts du capital, à condition que le groupe redevienne rentable dans les cinq ans. Quatorze sites seront fermés d'ici à 2012 et 24 000 postes d'ouvriers seront supprimés, ainsi que 40 % des points de vente. « L'effondrement de GM aurait eu un effet dévastateur pour d'innombrables Américains et aurait causé des dégâts énormes à notre économie, au-delà de l'industrie automobile », a déclaré hier le président Barack Obama. Mais quel que soit le « nouveau GM » qui verra le jour, la faillite d'hier marque la fin d'une époque pour l'économie américaine, celle d'une industrie prospère qui offre de bonnes conditions de travail. W