L'enseigne Pimkie mise en vente par la famille Mulliez

A VENDRE Pimkie avait réalisé près de 200 millions d’euros de ventes en 2020

20 Minutes avec AFP
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La famille Mulliez met en vente l'enseigne de prêt-à-porter féminin Pimkie.
La famille Mulliez met en vente l'enseigne de prêt-à-porter féminin Pimkie. — Vincent Loison/SIPA

La marque Pimkie connaît des difficultés depuis plus d’une décennie. En conséquence, l’association familiale Mulliez (AFM) cherche un repreneur pour son enseigne de prêt-à-porter féminin, selon direction et syndicats ce lundi, confirmant une information du média spécialisé Fashion Network.

« L’actionnaire actuel recherche une solution actionnariale externe et se donne plusieurs mois pour faire cette recherche et trouver la meilleure solution possible », a indiqué la communication de Pimkie lundi à l’AFP. Pimkie, qui compte 232 magasins en propre et 81 en affiliation pour 1.500 salariés, avait réalisé près de 200 millions d’euros de ventes en 2020.

Un actionnaire pour « redonner un avenir à l’entreprise »

L’enseigne fondée en 1971 avait nommé début janvier Philippe Favre, dirigeant spécialisé dans la gestion d’entreprises en difficulté, au poste de directeur général. Avec cette arrivée, les salariés s’attendaient à « un retournement d’entreprise avec une restructuration, certainement des fermetures de magasins », a expliqué à l’AFP lundi Karine Therage, responsable de magasin à Noyelles-Godault dans le Pas-de-Calais, élue au CSE et déléguée syndicale CFE-CGC.

Mais la semaine dernière, « l’annonce a été faite sur la recherche d’un potentiel actionnaire », poursuit-elle. « Pimkie est donc en vente et il y aurait un cahier des charges : ils ont retiré l’éventualité d’un fonds de pension, ils cherchent un actionnaire qui pourrait redonner un avenir à l’entreprise ».

L’angoisse que des magasins ferment

Le syndicat craint que le repreneur ne suive la voie tracée par Philippe Favre, prévoyant des fermetures de magasins. « On trouve ça dommage que ce soit le repreneur et pas la famille Mulliez qui fasse le sale travail. On se sent laissé sur le côté », déplore encore Karine Therage. « Pimkie a été de 1970 aux années 2000 une entreprise florissante qui a contribué à l’essor des autres entreprises de la galaxie Mulliez. On ressent ça presque comme une trahison. »

L’enseigne subit depuis le début du XXIe siècle la crise du textile, qui a fait souffrir de nombreux groupes autrefois florissants du secteur de l’habillement, comme André, Camaieu  ou La Halle par exemple.

Les salariés « que l’on fait tourner en bourrique »

Sur sa page Facebook, la CFDT s’inquiète que le processus de mise en vente « remet (te) tout le "business plan" en cause », laissant le champ libre au nouvel acquéreur, ce qui est « une source d’angoisse supplémentaire pour les salariés ».

L’Unsa observe de son côté que « le groupe Mulliez désire se séparer des enseignes textiles » et que « l’investissement demandé pour le redressement de Pimkie » a dissuadé ces actionnaires de suivre cette voie. « Une fois de plus, ce sont les salariés qui sont mis à mal, que l’on fait tourner en bourrique mais on leur demande de rester motivés, de continuer à travailler comme si de rien n’était », regrette enfin la CGT Pimkie, également sur Facebook.