L'entreprise Vallourec va supprimer 3.000 postes dont 320 en France, premier plan social pour le gouvernement Borne

PLAN SOCIAL Le fabricant français de tubes sans soudure a annoncé vouloir supprimer quelque 2.950 postes dans le monde, dont 320 en France. Les premiers départs pourraient survenir fin 2022

20 Minutes avec AFP
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Une usine Vallourec (illustration).
Une usine Vallourec (illustration). — C.Seidel/AP/SIPA

Le fabricant français de tubes sans soudure Vallourec a annoncé mercredi son intention de supprimer quelque 2.950 postes dans le monde, dont 320 en France, confrontant l’État à son premier plan social après la prise de fonctions d’Elisabeth Borne à Matignon.

Le groupe a annoncé dans un communiqué une réduction « d’environ 2.400 postes » à la suite notamment de la fermeture de ses sites allemands, ainsi que la suppression « d’environ 550 postes » dans des fonctions support.

Mi-novembre, à la sortie d’un long processus de restructuration financière, Vallourec avait annoncé la mise en vente de ses activités allemandes et l’arrêt de la fabrication en Europe de tubes pour l’industrie. Elle prévoyait le transfert d’une partie de ses activités au Brésil.

« Une politique continue d’abandon pas acceptable »

Selon l’entreprise, c’est parce qu’aucun « acheteur crédible n’a été identifié » pour les activités allemandes, que leur fermeture a été annoncée. Ceci « entraîne une rationalisation supplémentaire des autres actifs européens en charge de la finition des tubes laminés en Allemagne », a ajouté Vallourec. Et notamment la fermeture de la « ligne de traitement thermique » de l’usine française de Saint-Saulve (Nord).

« Nous demandons à Vallourec que les conséquences du plan sur les activités françaises soient minimisées et nous exigeons un maintien et un renforcement du pôle de forge, filetage, recherche et développement d’Aulnoye-Aymeries (Nord) » a réagi Bercy mercredi soir après l’annonce. Depuis la dernière restructuration du groupe en 2021, l’État contrôle encore 2,3 % du capital de Vallourec via la Banque publique d’investissement (BPI).

Pour le président LR de la région Hauts-de-France Xavier Bertrand​, « la politique continue d’abandon du groupe de ses activités industrielles en France n’est pas acceptable » a-t-il écrit sur Twitter. Il a précisé avoir obtenu du PDG « une réunion en urgence » vendredi avec les représentants des salariés, élus locaux et direction.

Je me suis entretenu par téléphone avec P.Guillemot, PDG de@Vallourec. Je lui ai dit que la politique continue d’abandon du groupe de ses activités industrielles en France n’est pas acceptable. L’Etat doit expliquer sa position en tant qu’actionnaire important via@Bpifrance. pic.twitter.com/v8aDgAoQGO
– Xavier Bertrand (@xavierbertrand) May 18, 2022

Premiers départs fin 2022

Sur les 550 postes supprimés dans le reste du monde, 70 sont en Écosse, concernés par l’arrêt de l’activité de filetage dont les volumes seraient rapatriés à Aulnoye-Aymeries et « 320 en France, dont 65 au siège » de Meudon (Hauts-de-Seine), a détaillé le PDG Philippe Guillemot, lors d’une conférence téléphonique.

Quelque 250 postes seront supprimés dans le nord de la France : un peu moins d’une centaine sur le site de Saint-Saulve, une centaine à Aulnoye-Aymeries et le solde sur le centre de services partagés de Valenciennes, a précisé M. Guillemot, nommé il y a moins de deux mois pour achever la restructuration du groupe et le rendre plus rentable.

Les premiers départs pourraient intervenir à compter de fin 2022, et s’étaler « sur toute l’année 2023, en particulier sur l’Allemagne ». Ce pays va continuer à produire aussi longtemps que les volumes faits en Allemagne ne sont pas transférés au Brésil, selon M. Guillemot.