Goodyear en panne

Louis Moulin

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Un an après un premier plan social de 402 départs annoncé en mai 2008

, la direction de Goodyear Dunlop France a dévoilé, hier, une nouvelle vague de 817 licenciements dans son usine d'Amiens (Somme). Ce plan, deux fois plus important que le précédent, vise particulièrement la production de pneus automobiles. La direction a, par ailleurs, annoncé la mise en vente de son activité de pneus agricoles, qui concerne plus de 440 postes. « C'est dramatique, une catastrophe pour 817 familles et pour l'agglomération amiénoise », assure Virgilio Mota da Silva, délégué SUD du site d'Amiens, qui emploie au total 1 400 personnes.

L'usine produit aujourd'hui 9 000 pneus automobiles par jour, contre 23 000 il y a encore deux ans. Et depuis six mois, ses salariés effectuent une semaine de chômage partiel par mois. La direction avait proposé, fin 2007, une réorganisation du travail en quatre équipes au lieu de cinq, rejetée par la CGT, majoritaire. Le syndicat considérait qu'il s'agissait de « travailler plus pour gagner moins » en alignant tout le monde sur un régime de 35 heures (contre 28 heures pour les équipes du week-end) et en supprimant la majoration de 50 % des heures travaillées le week-end. « Arriver à un accord avec les syndicats s'est révélé impossible », souligne Serge Lussier, vice-président de Goodyear. Pour Virgilio Mota da Silva, le nouveau plan social est une « punition » pour ce refus syndical : « Ils veulent nous faire porter le chapeau. Mais les gestionnaires, c'est eux. Ça fait quinze ans qu'ils n'investissent plus dans l'usine. » W