Les Conti manifestent pour ne pas terminer à l'ANPE

REPORTAGE De la gare du Nord à la place de la Bourse, ils ont battu le pavé parisien ce lundi matin...

Angeline Benoit
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Les salariés de Continental Clairoix ont manifesté lundi 18 mai à Paris de la gare du Nord à la Bourse de Paris.
Les salariés de Continental Clairoix ont manifesté lundi 18 mai à Paris de la gare du Nord à la Bourse de Paris. — S. ORTOLA / 20 MINUTES

Un autocollant Continental, ça colle. Les commerçants, les propriétaires de voitures et les passants qui étaient sur le chemin des centaines de salariés manifestant à Paris lundi matin en savent quelque chose. «C’est fait pour adhérer à un pneu alors sur une carrosserie, c’est sûr que la peinture part avec», détaille un ouvrier, admonestant des collègues qui ont placardé une jaguar dans le quartier des banques et des affaires.

Tenaces, les employés de l’équipementier automobile allemand le sont aussi, déterminés à arracher à leurs patrons des contreparties à la fermeture de leur usine de Clairoix (Oise). Ils ont donc parcouru les quelques kilomètres entre la Gare du Nord et la Bourse bien décidés à se faire entendre. A tel point que nombreux sont ceux qui ont mis des boules quiez pour pouvoir s’en donne à cœur joie avec les sifflets, cornes muses et pétards.
 
Journée barbecue
 
Gros bras tatoués et pneus à l’épaule, les ouvriers distribuent des autocollants aux passants souriants, et scotchent ceux qui râlent. Une dizaine d’étudiants de Paris et d’Amiens les accompagnent, solidaires contre «la casse sociale».

«A chaque fois qu’il y a des négociations, la seule chose qui intéresse les Allemands, c’est de savoir combien de personnes il y a derrière les syndicats. C’est pour ça qu’on est venu se montrer avant la rencontre prévue à Hanovre, mardi, explique un technicien qualité, élevant la voix au-dessus d’un brouhaha assourdissant. D’ailleurs, confie-t-il, comme les salariés ne peuvent accompagner les représentants en Allemagne, on a prévu une journée barbecue, au cours de laquelle on sera régulièrement informés par téléphone.»

«Un message de la Bourse de Paris à celle de Hanovre»

 
Unis et prêts à aller jusqu’au bout, c’est ainsi que les Conti veulent se montrer. Depuis leur voyage à Hanovre fin avril - 1.120 ouvriers dans un train spécialement affrété pour eux – le bras de fer est engagé avec la direction. Menace de blocage d’une autre usine du groupe, rencontre au ministère de l’Economie: les syndicats maintiennent la pression. Devant leur insistance, le groupe a décidé de suspendre le plan social pendant un mois pour négocier des mesures d’accompagnement «exemplaires».

«Aujourd’hui nous faisons passer un message de la Bourse de Paris à celle de Hanovre. Nous n’accepterons pas qu’un seul salarié se retrouve à l’ANPE. Nous exigeons des congés de reconversion ou des pré retraites. La prime de licenciement, ce sera la dernière chose qu’on négociera», a résumé Xavier Matthieu, délégué CGT, lundi midi devant l’édifice.

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