Guerre en Ukraine : Les prix mondiaux des aliments atteignent leurs « plus hauts niveaux jamais enregistrés »

AGRICULTURE Le panier de produits alimentaires de base a enregistré en mars une hausse de 12,6 %

M.F avec AFP
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En mars 2022, les prix alimentaires mondiaux ont atteint des sommets sous l'effet de fortes hausses des prix du blé et de toutes les céréales secondaires.
En mars 2022, les prix alimentaires mondiaux ont atteint des sommets sous l'effet de fortes hausses des prix du blé et de toutes les céréales secondaires. — Canva

Blé, tournesol, maïs… Les marchés de céréales et des huiles végétales ont été bouleversés par la guerre en Ukraine. Si bien que les prix des matières premières agricoles se sont envolés, atteignant leurs « plus hauts niveaux jamais enregistrés », selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Et la tendance n’est pas à la baisse : d’un côté, le conflit s’enlise entre la Russie et l’Ukraine, principaux exportateurs mondiaux de ces denrées alimentaires, de l’autre, la menace pèse sur les prochaines récoltes.

L’indice FAO suit la variation mensuelle des cours internationaux d’un panier de produits alimentaires de base. Alors qu’il avait déjà battu en février son record depuis sa création en 1990, et a enregistré en mars une hausse de 12,6 %. C’est surtout l’indice FAO des céréales qui tire cette augmentation, avec une croissance de 17,1 % par rapport à février « sous l’effet de fortes hausses des prix du blé et de toutes les céréales secondaires ».

Les ports Ukrainiens toujours bloqués

Le blocage des ports ukrainiens, Kiev étant le cinquième exportateur mondial de blé, explique ce plus haut historique et cette flambée des prix depuis le 24 février, date de l’invasion russe. Dès le début du conflit, la mer d’Azov a été fermée à la navigation, bloquant les exportations depuis Berdiansk ou encore Marioupol.

Par ailleurs, les prix du maïs ont aussi « enregistré une progression mensuelle de 19,1 %, atteignant un niveau record, tout comme ceux de l’orge et du sorgho », indique la FAO dans son bilan de mars.

Ruée sur l’huile

Les prix alimentaires sont également tirés vers le haut par les huiles végétales, dont l’indice FAO « a bondi de 23,2 %, porté par la hausse des cours de l’huile de tournesol », dont le premier exportateur mondial est aussi l’Ukraine. Dans le même temps, les prix des huiles de palme, de soja et de colza, sur lesquelles se reportent de nombreux industriels, progressent nettement « sous l’effet d’une hausse de la demande mondiale à l’importation due à des ruptures d’approvisionnement en huile de tournesol ».

En France, les rayons d’huiles, de farines ou de pâtes dans les magasins sont soumis depuis quelques semaines à davantage de tensions d’approvisionnement, en raison notamment d’achats de précaution des consommateurs craignant des ruptures de stock.