La Polynésie française va créer une taxe pour sauver sa Sécurité sociale

SAUVETAGE Selon les organisations syndicales et patronales, cette taxe provoquera une forte inflation

20 Minutes avec AFP
— 
La taxe (Illustration).
La taxe (Illustration). — PHILIPPE HUGUEN / AFP

Le président de la Polynésie française a annoncé mardi l’entrée en vigueur au 1er avril d’une taxe sur la consommation, la Contribution pour la solidarité (CPS). L’objectif ? Sauver la Sécurité sociale locale, en déficit chronique.

Une inflation à prévoir

« L’objectif unique est de sauver notre protection sociale généralisée, autrement dit de sauver toutes les prestations telles que l’assurance maladie, les pensions de vieillesse, les allocations familiales, les allocations aux handicapés », a déclaré mardi Edouard Fritch devant l’Assemblée de la Polynésie française. Selon les organisations syndicales et patronales, cette taxe provoquera une forte inflation.

Le 17 mars, environ 2.000 Polynésiens avaient manifesté à Papeete contre cette taxe, annoncée à 1,5 % et appliquée à plusieurs étapes de l’importation ou de la transformation d’un produit, avec un surcoût important pour le consommateur final. Après une rencontre avec les partenaires sociaux ce mardi, le gouvernement a finalement limité le taux de la taxe à 1 %.

Le Medef et les indépendantistes contre

Même opposition de la part des patrons : le Medef Polynésie souhaitait une TVA sociale déductible, applicable uniquement sur le prix de vente au consommateur. L’organisation patronale estime qu’avec 1 % de taxe sur tous les intermédiaires, l’inflation sera supérieure à 3 % sur un an. Son président Frédéric Dock craint aussi « une distorsion entre ceux qui ont des circuits longs, avec des intermédiaires, et ceux qui ont des circuits courts : des entreprises vont se réorganiser et des emplois vont disparaître ».

Pour l’opposition indépendantiste, c’était à la France de payer. « On se chamaille entre nous pour aller chercher entre 6 et 9 milliards de francs Pacifique (50 à 75 millions d’euros) dans la poche des Polynésiens », a regretté le député Moetai Brotherson. « J’aurais préféré que le gouvernement et l’assemblée locale soutiennent ma proposition de loi pour que l’Etat rembourse les 100 milliards (838 millions d’euros) qu’il doit à la Caisse de prévoyance sociale, puisque depuis 1977 tous les frais liés aux maladies radio-induites, provoquées par les essais nucléaires, ont été supportés par les Polynésiens », a-t-il souligné.