Guerre en Ukraine : Les prix à la pompe poussent-ils les conducteurs à se tourner vers la voiture électrique ?

VOUS TEMOIGNEZ Malgré la hausse des prix du carburant, les lecteurs de « 20 Minutes » ne semblent pas tous prêts à investir dans une voiture électrique

Noémie Penot
— 
Illustration d'une voiture électrique en train de charger à une borne.
Illustration d'une voiture électrique en train de charger à une borne. — Pixabay
  • Les prix du carburant sont au plus haut à cause de la flambée du cours du pétrole brut, sous la pression de la guerre en Ukraine.
  • Pour s’affranchir du passage à la pompe, la question de l’achat d’un véhicule électrique peut se poser.
  • 20 Minutes a donc demandé à ses lecteurs s’ils avaient le projet de passer à l’électrique et pourquoi.

Des yeux écarquillés à la pompe, des actions à travers le territoire… Malgré une légère baisse récemment, le prix du carburant affole les compteurs en France, conséquence notamment de la guerre en Ukraine. Cette flambée, partie pour durer, peut-elle achever de convaincre certains de se tourner vers la voiture électrique – à moins que ce ne soit déjà le cas - ?

Il y a ceux qui sont déjà satisfaits de leur achat, ou ceux qui comptent se laisser tenter. Mais d’autres se montrent beaucoup plus frileux face à l’abandon du thermique. 20 Minutes donne la parole à tous.

« Je vais faire une économie sur l’essence et l’entretien »

L'électrique en avait déjà séduit plus d’un bien avant la crise en Ukraine. Déjà par son aspect pratique. Lionel, qui a répondu à notre appel à témoignages, souligne ainsi « l’augmentation du nombre de chargeurs sur autoroute et la prochaine ouverture des superchargeurs Tesla ». Sachant que la recharge peut aussi se faire à domicile : « on la recharge sur notre prise installée en une dizaine d’heures et une à deux fois par semaine », explique Thomas.

Mais il y a aussi, bien sûr, des raisons financières. Laurent, dont « les prix indécents du pétrole » ont fini par le décider, apprécie n’avoir « aucun entretien à faire ». Julien, lui, a acheté deux véhicules, un en novembre 2021, l’autre en mars 2022. « Le budget gasoil explosait à plus de 90 euros à chaque plein pour 800 km, contre à peine 20 euros pour la même distance en électrique », remarque-t-il.

« Le prix d’achat est supérieur à l’équivalent thermique »

Mais le coût d’une voiture électrique est un frein pour bon nombre de nos lecteurs. Hubi roule « 50 kilomètres par jour et possède une recharge à domicile », mais il attend tout de même « des occasions abordables », car « le prix reste un problème ». « Le tarif de l’électricité grimpe, ajoute Quentin. Je considère qu’il est plus intelligent de freiner sa consommation de carburant ». Michel, quant à lui, estime que « le prix à l’achat est supérieur à l’équivalent thermique », et selon Maïrik, il n’existe aucun véhicule électrique « en dessous de 40.000 euros ». Ce qui n'est pas exact.

Et les aides de l'Etat ? Pas suffisant, disent beaucoup. C’est la raison pour laquelle Hugo, étudiant, ne peut pas se « permettre d’en acheter ». Même constat pour André : « je fais partie de la classe moyenne basse et nous n’avons quasiment pas d’aides dans tous les domaines qui touchent la transition énergétique ». Philippe évoque lui aussi le gouvernement, mais pour s’inquiéter qu’il « commence à taxer si on va vers l’électrique ».

« Le bilan carbone est très mauvais sur la durée »

Nos lecteurs sont aussi nombreux à se questionner sur la pollution générée par la fabrication des véhicules électriques. « Quid de l’extraction des terres rares, des métaux et éléments pour les batteries, et du charbon, gaz et l’énergie nucléaire utilisés pour produire l’électricité ? » soulève Nabil. Mary-Anne, elle, questionne le recyclage des batteries : « je ne sais pas ce qu’il en advient une fois arrivées en fin de vie ». « Le bilan carbone est très mauvais sur la durée », conclut Philippe.

Quant à Franck, il se demande « comment sera produite l’électricité nécessaire ». « Par des centrales thermiques ? », s’interroge-t-il. A.-L s’indigne : « l’électricité, c’est du nucléaire ! Les déchets nucléaires sont nocifs ». « Et la perte de chaleur des centrales se retrouve dans l’atmosphère », complète Quentin. Nabil continue en évoquant la consommation électrique nationale. « Chaque hiver, RTE nous prévient qu’on sera "juste juste niveau électricité, mais ça devrait aller". Comment fera-t-on quand tout le parc automobile sera électrique ? », se questionne-t-il.

« Il n’y a que 2 bornes de recharge dans ma ville »

Du côté de l’autonomie, le constat n’est globalement pas plus positif. Si certains, comme Daniel, qui « roule très peu », ne sont pas gênés, d’autres, comme Jacques, sont freinés pour cette seule raison. A part « pour rouler 10 kilomètres par jour avec une petite voiture », Alain n’est pas motivé non plus. Tout comme J.-P., qui franchira le pas « lorsque l’autonomie réelle sera d’au moins 800 kilomètres avec une recharge rapide ».

Concernant les bornes, Sébastien constate des difficultés, notamment à cause « de celles hors-service ou occupées, avec un temps de recharge long ». Michel, quant à lui, déplore n’avoir « que 2 bornes de recharge » dans sa ville, et Erik « pas suffisamment de bornes sur les routes ». Compliqué quand « on habite en appartement et qu’on n’a pas de place de parking ou de prise extérieure », d’après Bernard. Mais quand le problème ne vient pas du lieu d’habitation, il est financier. En maison, Julien évoque l’installation « d’une prise renforcée sur son compteur électrique ou une box de recharge ». Un investissement « très cher ».