Guerre en Ukraine : Un gros contrat annulé pour Alstom Belfort à cause du conflit ? Les syndicats s’inquiètent

TRANSPORT L’entreprise française s’apprêtait à signer un accord avec l’Ukraine pour la commande de 130 locomotives doubles. De quoi assurer du travail au site belfortain d’Alstom « jusqu’à la fin de la décennie »

T.G. avec AFP
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Le site d'Alstom à Befort (illustration).
Le site d'Alstom à Befort (illustration). — CHAMUSSY/SIPA
  • Le conflit en Ukraine pourrait avoir de loures conséquences pour les salariés d’Alstom, à Belfort.
  • Le géant français avait presque bouclé un gros contrat avec l’Ukraine pour la commande de 130 locomotives doubles.
  • Sauf que ce contrat pourrait être remis en cause, craignent les syndicats…

Les répercussions de la guerre en Ukraine, nouvel épisode. A Belfort cette fois, avec les syndicats du site d'Alstom qui craignent la remise en cause d’un important contrat qui devait être finalisé dans les prochains jours. Celui-ci prévoyait la livraison de 130 locomotives doubles à l’Ukraine.

« Avec ce qu’il se passe, il y a de grandes chances pour que le contrat soit abandonné », estime André Fages, délégué CFE-CGC et élu du CSE central d’Alstom. « La direction étudie deux scénarios », selon lui : soit « on arrête tout d’ici la fin du mois », soit « on attend de voir comment les choses vont évoluer d’ici l’été » et « on laisse une équipe réduite assurer la continuité ».

Ce contrat, d’un montant de 880 millions d’euros, devait assurer du travail au site de Belfort « jusqu’à la fin de la décennie » et « nous donnait une visibilité à huit ans », souligne M. Fages. « Mais là on va devoir travailler avec une visibilité à deux, trois ou quatre ans, donc c’est beaucoup plus angoissant ».

Le délégué CGT Eddy Cardot confie également son « inquiétude sur l’avenir du site de Belfort » : outre les dix ans de charge de travail, ce contrat prévoyait « énormément de recrutements ». « Les recrutements ont été gelés et les salariés ont peur de revivre 2016, quand il était question de fermer le site de Belfort, qui compte près de 500 salariés », poursuit-il, avant de nuancer : « tout dépend de la tournure des évènements ».

« Alstom suit très attentivement la situation dramatique en Ukraine », mais « il est encore trop tôt pour spéculer sur d’éventuels impacts commerciaux ou industriels, que ce soit à Belfort ou ailleurs, si ce contrat n’était finalement pas signé », a fait savoir de son côté un porte-parole du constructeur ferroviaire français.

2,4 milliards d’euros sur 40 ans

Le PDG d’Alstom Henri Poupart-Lafarge a signé le 8 février à Kiev, sous les yeux d’Emmanuel Macron, un protocole d’accord sur l’achat de ces 130 locomotives destinées au fret, qui prévoyait la signature du contrat avant le 31 mars. Ce contrat, dont le financement a fait l’objet d’un accord intergouvernemental lors de la visite de Bruno Le Maire en Ukraine en mai dernier, doit s’élever au total à 2,4 milliards d’euros, si l’on prend en compte la maintenance des locomotives sur 40 ans, a précisé le porte-parole.

Le maire LR de la ville, Damien Meslot, s’est dit « très inquiet » pour le site d’Alstom Belfort : « Il faudra trouver de nouveaux marchés pour compenser en cas d’annulation ».